Au 9e sommet des Amériques qui s’achève ce vendredi à Los Angeles, le premier ministre Ariel Henry s’est présenté tout tout nu. Il n’a pas caché son nombril avant d’entrer dans le bain.
Sans langue de bois, sans effet de manche, sans inventer une réalité idyllique, le premier ministre a dressé pour les responsables de la région réunis en séance plénière un portrait cru de la situation haïtienne et de son échec comme chef de gouvernement.
Il n’y a rien à ajouter. Tout a été dit. La violence, les gangs, la mort des institutions démocratiques, la migration, la crise économique. Les élections sans horizon connu. Tout. Et pas une lueur d’espoir.
Le médecin et professeur d’université, neurochirurgien réputé, n’a pas vendu de faux espoirs au sujet du malade Haïti. Il ne semble même pas cherche un remède miracle. Dans son discours du jour, sous la lumière crue des projecteurs du Sommet des Amériques, il a présenté la réalité d’un cas désespéré… sauf si nos fameux amis changent de politique envers Haïti.
Pour le moment, mis à part une reformulation de la mission des Nations Unies dans les mois à venir qui pourrait coïncider avec la fin du mandat du Binuh, rien ne se dessine.
Tous les responsables de pays amis qui ont pris la parole à l’occasion du Sommet des Amériques ont répété les mêmes formules creuses et lénifiantes. Ils sont avec Haïti a 100% pour assister de loin… à sa déchéance.
La République dominicaine seule a osé lancer un appel. Le président Luis Abinader a dit ce que les responsables haïtiens n’essaient pas de demander : « Il est pour moi et pour notre gouvernement injustifiable que cette communauté internationale permette à un État, situé au milieu du continent américain, de voir une grande partie de son territoire contrôlée par des bandes criminelles », a déclaré M. Abinader lors de la session plénière du 9e Sommet des Amériques, à Los Angeles.
« Il appartient à la communauté internationale de s’engager définitivement auprès du peuple haïtien, en s’impliquant davantage et, de toute urgence, en œuvrant à sa pacification et à son redressement définitif », a-t-il déclaré.
Dommage qu’encore une fois, que la rencontre des deux dirigeants de l’Île se soit soldée par une guerre de communiqués. Haïti a cru entendre des promesses et des engagements chez les Dominicains qui, de leur côté, ont démenti.
Que restera-t-il de ce 9e Sommet des Amériques pour Haïti, mis à part les photos de circonstance ?
Une prise de conscience qu’il faut un autre chemin pour sortir des crises multiples qui entravent le pays ?
La certitude que le cas est perdu ?
La conviction qu’il faut que les Haïtiens se prennent en main tout seul d’abord avant d’attendre ou de demander de l’aide ?
L’échec décrit par le premier ministre est le sien, est le nôtre. A chacun de tirer les conséquences.
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