Au Gitex, le grand salon moyen-oriental de la technologie, qui se tenait du 16 au 20 octobre à Dubaï, l’Américain Jack Selby était dans son élément. L’ancien vice-président de PayPal, qui gère désormais le fonds d’investissement de Peter Thiel – l’un des cofondateurs de l’entreprise de paiement en ligne – possède en effet une propriété dans la cité-Etat depuis plusieurs années. Il en apprécie le climat, le mode de vie, mais aussi la vitalité économique. « Je vous mets au défi de trouver aujourd’hui un lieu plus dynamique », soutient-il.
Est-ce à dire qu’une nouvelle Silicon Valley pourrait y émerger ? « Chaque région a sa propre recette pour réussir », estime-t-il, tout en soulignant que les principaux ingrédients sont présents dans la péninsule Arabique, et en particulier à Dubaï, avec une législation favorable à l’innovation, un afflux de talents et d’énormes capitaux.
Autant de louanges ne peuvent que réjouir les autorités locales, lesquelles aspirent à faire de cette ville d’à peine plus de trois millions d’habitants une place forte de la tech mondiale. Elles en veulent pour preuve que le Gitex – auquel était convié Le Monde – serait, à ce jour, le plus grand salon mondial du secteur.
De fait, le nombre de start-up présentes a plus que doublé depuis 2022 (1 800 au lieu de 800). Ce sont 180 000 visiteurs qui étaient attendus en 2023 à l’ouverture de l’événement contre 115 000 enregistrés lors de la dernière édition du Consumer Electronics Show de Las Vegas (Etats-Unis), en janvier, qui joue davantage la carte des conférences en ligne.
Fiscalité avantageuse et accompagnement local
Y a-t-il là de quoi rivaliser avec les Etats-Unis ? Si l’histoire de la Silicon Valley remonte au début des années 1970, l’intérêt des Emirats arabes unis pour la filière technologique remonte, au mieux, au début du XXIe siècle, mais surtout aux dix dernières années. Après avoir fait fortune grâce au pétrole, puis bâti sa prospérité dans la finance, la logistique et l’immobilier, Dubaï se rêve en « hub » de la nouvelle économie pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, et au-delà, jusqu’à l’Inde, l’Asie du Sud ou l’Afrique subsaharienne.
La ville est elle-même très cosmopolite, avec une population à 88,5 % immigrée (plus d’un quart de ses habitants sont d’origine indienne). Pour Sharif El-Badawi, à la tête du Dubai Future District Fund – un fonds doté d’un milliard de dirhams émiratis (environ 256 millions d’euros), abondé en grande partie par le gouvernement de Dubaï –, « il est plus simple d’accéder au marché africain depuis Dubaï que depuis Marrakech [au Maroc], par exemple ».
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