Des Sénégalais, pour ou contre le changement de calendrier, s’inquiètent du risque de tumulte et pressent Macky Sall d’emprunter les voies de l’apaisement. La rumeur d’une possible amnistie, qui pourrait être discutée en Conseil des ministres, prend de l’ampleur. Il s’agirait d’effacer les infractions commises dans le contexte des troubles qu’a connus le Sénégal depuis mars 2021. Ils ont fait des dizaines de morts et donné lieu à des centaines d’arrestations.
« Coup d’État constitutionnel »
Ousmane Sonko, l’un des principaux candidats annoncés à la présidentielle de 2024, est présenté comme le principal bénéficiaire potentiel d’une amnistie. Alioune Tine, une personnalité de la société civile qui a joué le rôle d’intermédiaire entre la présidence et le camp d’Ousmane Sonko, a déclaré dans les médias que ce dernier serait libéré dans les prochains jours. Aucun responsable gouvernemental n’a confirmé de tels pourparlers ou l’existence d’un projet d’amnistie.
Depuis que Macky Sall, élu président en 2012 et réélu en 2019, a annoncé le 3 février le report de la présidentielle, à trois semaines de l’échéance, l’opposition crie au « coup d’État constitutionnel ». Les forces de sécurité ont réprimé les tentatives de manifestation. Des heurts ont fait trois morts. Il y a plus de 260 interpellations selon l’ONU, Human Rights Watch et l’opposition.
Offre de dialogue
L’opposition soupçonne le camp présidentiel de s’arranger avec le calendrier car il redoute la défaite de son candidat, le Premier ministre Amadou Ba, désigné par Macky Sall pour lui succéder. Elle suspecte une manœuvre pour que le président Sall reste au pouvoir, même si celui-ci répète qu’il ne se représentera pas. Ce dernier a justifié le report par les vives querelles suscitées par le processus préélectoral et sa crainte qu’un scrutin contesté ne provoque de nouveaux accès de violence après ceux de 2021 et 2023.
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