Le duo de commentatrices de France 2, Lucile Guillotin et Louisa Necib, va assister ce samedi au quart de finale des Françaises face aux Australiennes… devant un écran de télé à Paris ! Elles auront tout de même l’ambiance du stade en fond sonore. Et pas de jaloux : ce sera exactement la même chose sur les antennes de Radio France. Entre les prix élevés des billets d’avion pour l’Océanie, les tarifs exorbitants des hôtels australiens et le risque que les Bleues aient été éliminées dès la phase de poule, les médias français ont en effet préféré opter pour une couverture « longue distance » de cette compétition, même si quelques reporters sont tout de même présents sur place.
De plus en plus de commentaires à distance
Selon Pierre Rondeau, spécialiste de l’économie du sport, ce phénomène est voué à se développer. « Cela s’est beaucoup démocratisé, surtout pour les rencontres internationales. Les stations de radio commentent de plus en plus à distance, même chose pour la chaîne L’Equipe sur la TNT. La technologie s’est améliorée, maintenant la qualité sonore est équivalente qu’on soit sur place dans un stade ou en distanciel. Depuis le Covid, on constate une meilleure acceptation générale de la pratique du distanciel, et le sport n’y échappe pas. »
« C’est lié à la question de la popularité et donc de la rentabilité »
Mais dans le cas précis de ce Mondial à l’autre bout du monde, le fait qu’il s’agisse de sport féminin a bien sûr pesé dans la balance, concède Pierre Rondeau. « Je suis prêt à parier qu’on aurait eu des commentateurs sur place si on avait eu affaire à une Coupe du monde masculine », dit-il. « Mais c’est lié à la question de la popularité et donc de la rentabilité d’une compétition féminine pour les diffuseurs audiovisuels. Les matches des Bleues font des bons scores d’audience, mais les chaînes doivent aussi diffuser les matches des autres équipes, et parfois en pleine nuit, et donc ça aurait sans doute été un coût trop important pour un diffuseur de dépêcher sur place deux journalistes et une équipe technique pour des audiences aussi faibles. »
Malgré des droits de diffusion à 9 millions d’euros contre 130 pour le dernier mondial masculin,
les chaînes de télé françaises ne se sont pas bousculées pour les acquérir, et la ministre des sports Amélie Oudéa-Castéra a dû intervenir, selon nos informations. Les deux diffuseurs télé de cette Coupe du monde féminine, France Télévisions et M6, envisagent tout de même un renforcement de leur dispositif en Australie si l’équipe de France se qualifie pour les demi-finales.
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