Le Quenzais Dominique Milanini lutte contre le braconnage dans le parc Waza au Cameroun

En nouvelle bonne résolution, pourquoi ne pas envisager celle de ne plus braconner ?

Parce que oui, nul besoin qu’il y ait de l’ivoire en jeu pour que ce fléau existe. « Ici, en Corse, tout est braconné, du sanglier pendant la nuit, au cerf, en passant par le mouflon et bien d’autres espèces. Et ce ne sont pas des chasseurs parce que la grande majorité des licenciés respectent les règles », souligne Dominique Milanini, qui n’est autre que le référent lutte anti-braconnage de l’organisation non gouvernementale (ONG) Global Earth Keeper.

Sa mission ? Lutter contre le braconnage en Corse et en Afrique. « L’affaire est simple, quand il y a eu les massacres de 350 éléphants par les contrebandiers d’ivoire en 2012, j’ai pris conscience qu’il fallait agir. » C’est ainsi que cet ancien parachutiste au sein des Forces spéciales a mis son savoir-faire au service de la lutte. « On est beaucoup d’anciens combattants qui servent dans la protection et la conservation », précise de Quenzais.

Pas de temps à perdre entre la prise de conscience et l’action pour l’ex-militaire : « On a choisi un parc au hasard et celui qui nous paraissait le plus exposé était le parc Waza au nord du Cameroun qui servait de zone refuge à Boko Haram. Le groupe terroriste s’était emparé de toute la zone depuis 10 ans et il y faisait du braconnage pour manger et pour vivre. »

S’ensuivent des allers-retours pour amener du matériel individuel allant de la boussole aux chaussures en passant par les couchages, ainsi que le nécessaire servant à la formation.

La formation de qui ? Pourquoi ? C’est simple, le but de la mission est de former le plus d’agents compétents qui lutteront contre le braconnage. « Nous avons du personnel d’État avec une formation paramilitaire, et du personnel villageois qui sont des contractuels. Il y a 16 villages autour du secteur à protéger et nous avons recruté un agent par village ainsi que 36 personnels du ministère. » Des patrouilles sont formées et les membres de l’association les équipent avec des drones, des véhicules ou leur transmettent des connaissances essentielles.

« On s’est rendu compte que la choses la plus importante à leur apprendre, c’est de savoir effectuer les premiers soins de santé pour tout ce qui est blessure par balles ou par coups de machette. Mais nous devons également les préparer afin qu’ils soient autonomes pour organiser des patrouilles. »

Rouvrir les chemins de migration des éléphants

Mais alors concrètement, hormis les formations, comment ça se passe sur le terrain ? « Nous avons deux secteurs d’action : un plus excentré qui consiste à rouvrir vers le Tchad les chemins de migration des éléphants. Ils se sont décentralisés à 150 km plus au sud-est, et se servent chez les agriculteurs, ce qui crée des conflits. Et il y a la partie plus opérationnelle en zone plus dangereuse, au nord-est. »

De nombreux projets, jusqu’à deux trajets par an pour former les personnels ainsi que les rémunérer, et du matériel bien utile sur place. Mais concernant les financements ? « Des vide-greniers et 3-4 donateurs. Partir avec 6 000 ou 7 000 euros revient à emmener 70 000 € de France. »

Finalement, la mission de protection repose sur une lutte acharnée contre le terrorisme. Comme le serpent qui se mord la queue, dans ce secteur où le tourisme n’a plus pointé le bout de son nez depuis la montée de l’islamisme.

« Si le parc rouvre, le tourisme reviendra, il y aura du travail et le terrorisme diminuera. » Dans tous les cas, grâce au travail de toute l’équipe : « On a pris un parc où il n’y avait plus rien et on a essayé de le garder en ligne de flottaison. Aujourd’hui il y a des girafes, des lions. » Mission accomplie.

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