Le Sénégal manque de moyens sécuritaires face aux noyades à répétition

Avec notre correspondante à Dakar, Juliette Dubois

Fatimata est venue en famille profiter de la populaire plage BCEAO. « Je suis venue avec mes filles prendre l’air. Elles ne savent pas nager, mais je veille sur elles. Je reste à côté, elles ne vont pas loin », confie-t-elle.

Peu de Dakarois apprennent à nager, à cause du manque de piscines municipales. Ibrahima Fall est le président de l’Association nationale des maîtres-nageurs. Maillot fluo et sifflet autour du cou, il surveille les nageurs sur la plage avec une dizaine d’autres sauveteurs et sapeurs-pompiers. « On a délimité la zone de baignade. Nous devons surveiller les nageurs au mieux », observe-t-il.

Les plages de la région sont dangereuses à cause des baïnes, des trous d’eau, et des forts courants. La mairie de Dakar finance les maîtres-nageurs, mais le problème se situe principalement en dehors de la capitale. « Disons aux autorités d’envoyer la sécurité vers ces plages dites interdites et qui n’ont pas encore ce dispositif sécuritaire. Surtout au niveau de la banlieue, où les plages sont laissées à elles-mêmes », explique Ibrahima Fall.

Ababacar vient se baigner chaque jour et voit les comportements à risque des jeunes : « Après 19 heures, les secouristes rentrent. Les gens jouent au foot, et ensuite, ils entrent dans l’eau. Il n’y a plus de secouristes et ils se noient facilement. »

Les disparus sont principalement des jeunes de moins de 20 ans. En 2022, 347 personnes sont mortes noyées à Dakar.

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