En rupture totale avec le Bénin au sujet de l’exploitation du pipeline qui lie les deux pays, la junte de Niamey vient de s’attacher un allié de poids pour l’expédition de sa production pétrolière vers le marché international. Et tant pis si ce plan B coûtera plus cher et qu’il faille indemniser les partenaires chinois qui avaient financé le pipeline qui passait par le Bénin
Au terme de leur rencontre jeudi dernier (ndlr : le 11 juillet) à Niamey, les ministres en charge des Hydrocarbures du Niger et du Tchad ont convenu de concrétiser «dans un délai raisonnable», le projet de construction d’un pipeline reliant les deux pays. Cette option déjà évoquée par Niamey le 30 mai dernier en Conseil des ministres, a trouvé un écho favorable auprès des autorités tchadiennes. «La partie tchadienne, sous la haute autorité du chef de l’Etat, s’emploiera pleinement à faire de la réalisation de cette infrastructure un succès», a déclaré Ndolenodji Alixe Naïmbaye, ministre tchadienne du Pétrole, des Mines et de la Géologie.
Cette infrastructure qui partira des champs pétroliers d’Agadem, situés dans l’Est du Niger non loin de la frontière avec le Nigéria, sera relié à l’oléoduc Tchad-Cameroun (1.070 km) existant permettant ainsi à Niamey d’évacuer son brut à partir du port en eau profonde de Kribi, dans la région du Sud du Cameroun. Le projet ne date pas d’aujourd’hui puisque c’est en 2012 que le Niger et le Tchad ont signé un protocole d’accord y relatif. Seulement, après plusieurs retards liés notamment à l’insécurité avec la secte islamiste Boko Haram dans la région, le projet a disparu des radars et Niamey a priorisé une coopération avec le Bénin.
Selon Mahaman Moustapha Barké Bako, le ministre nigérien du Pétrole, «la relance du projet coïncide avec la cérémonie du lancement en mai dernier des activités de la SONIDEP (Société nigérienne de pétrole, la raffinerie de pétrole à capitaux publics) qui a eu lieu le 22 juin dernier. Elle tombe donc à point nommé car les blocs Blima R5, R6 et R7 ainsi que les blocs R1, R3 et R4, lorsqu’ils seront en production, alimenteront ce pipeline. » Selon le ministre, les blocs déjà en production serviront à alimenter la raffinerie et le complexe pétrochimique en projet. Mahaman Moustapha a exhorté les membres du comité technique mis en place par les deux pays, à s’engager pleinement dans la tâche, sans relâche pour un aboutissement diligent de ce projet. Pour le Cameroun, cela représente une belle opportunité puisque le pétrole nigérien sera soumis au paiement d’un droit de transit comme c’est déjà le cas avec le Tchad.
Crédit: Lien source


Les commentaires sont fermés.