Les élus de la collectivité territoriale relancent le processus vers l’autonomie

Les déclarations de Gérald Darmanin, sur un « statut d’autonomie » de la Corse, donnent l’occasion à d’autres régions, notamment en outremer, de remettre sur la table la nature de leurs liens avec Paris. La quête d’une « autonomie à la carte dans la République française » a ainsi été inscrite comme priorité de la collectivité territoriale de Guyane (CTG) samedi par l’ensemble des élus du territoire ultramarin réunis à Cayenne en congrès.

Appelant à ne pas rater « le convoi de la Corse », le président de la CTG, Gabriel Serville (DVG, proche de Jean-Luc Mélenchon) s’est engagé à mener une préfiguration « franche, concertée et planifiée avec le gouvernement », lequel sera saisi « avant l’élection » présidentielle d’avril prochain.

Une « histoire sans fin »

La demande portée par la classe politique locale d’une plus grande autonomie est une « histoire sans fin » depuis des décennies, a en outre sévèrement asséné Gabriel Serville, élu en 2021 sur la promesse d’une rapide évolution statutaire et d’un recentrage des échanges économiques avec les pays du continent américain. « L’État ne nous a jamais facilité la tâche mais nous avons aussi notre part de responsabilité », a exprimé au cours du congrès la sénatrice (DVG) Marie-Laure Phinéra-Horth. « L’autonomie n’est plus un tabou. Ce n’est pas non plus l’indépendance », a-t-elle estimé.

Un « comité de pilotage » composé notamment d’élus et d’institutions locales reprendra les travaux déjà ouverts sous la mandature territoriale précédente et devra « à moyen terme » fournir une proposition à l’Elysée en vue d’une modification institutionnelle, soumise au Parlement, pour doter ce territoire ultramarin de nouvelles compétences et d’un pouvoir d’adopter des lois locales. Une émancipation institutionnelle avait été réclamée par une partie des manifestants de la grande crise sociale de mars-avril 2017 en Guyane en faveur d’un « rattrapage structurel » du territoire sur la France, dans tous les domaines.

Les exemples de la Polynésie et de la Nouvelle-Calédonie

Samedi, les élus du congrès n’ont pas caché l’intérêt qu’ils portent aux statuts actuels de la Polynésie française et de la Nouvelle-Calédonie, qui ont acquis une certaine autonomie et ont leur propre gouvernement. Mais tous ont convenu de la nécessité d’un statut « adapté aux réalités guyanaises ». « Pas opposé » à l’autonomie, l’ex-président de la collectivité territoriale de Guyane, Rodolphe Alexandre, soutien d’Emmanuel Macron, a pour sa part appelé à rester « dans le cadre européen » quelle que soit l’évolution de statut car « l’Europe finance plus que la France les collectivités locales ».

En janvier 2010, 70 % des électeurs guyanais (pour un taux de participation de 48 %) avaient voté contre l’autonomie de pouvoir dans le cadre d’une consultation populaire organisée par l’ancien chef de l’Etat Nicolas Sarkozy.

Crédit: Lien source

Les commentaires sont fermés.