Les énergies éolienne et solaire en plein essor en Amérique du Sud

L’Amérique du Sud est en bonne voie pour atteindre ses objectifs de réduction des émissions de CO2 d’ici à 2030, étape vers la neutralité carbone qu’elle vise en 2050. C’est la conclusion d’un rapport de Global Energy Monitor. Cette ONG assure que les grands projets de production d’énergie solaire et éolienne annoncés ou déjà en construction placent la région comme l’un des leaders mondiaux en la matière. 

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Une gigantesque centrale électrique solaire au milieu du désert d’Atacama au Chili, ou encore un grand parc éolien dans le nord-est du Brésil. Voici quelques-uns des nombreux projets qui contribuent à limiter les émissions de CO2 du sous-continent et à réduire la dépendance de certains pays au gaz et au pétrole. « L’Amérique latine joue vraiment un rôle de leader dans le domaine des projets éoliens et solaires à grande échelle. Et ces dernières années, les énergies renouvelables se sont développées à pas de géant dans certains pays d’Amérique latine », explique Gregor Clark, de l’ONG Global Energy Monitor, l’un des auteurs du rapport.

Le Chili, la Colombie et le Brésil ont ainsi annoncé ou lancé de nombreux projets de production d’électricité à partir d’énergie solaire ou éolienne. Prenant la suite d’autres pays pionniers dans la région : « En Amérique latine, il y a plusieurs pays qui sont aussi de vrais leaders au niveau global, depuis longtemps. Par exemple, le Costa Rica, l’Uruguay, le Paraguay produisent chacun près de 100 % de leur électricité à partir de sources renouvelables, en particulier l’hydroélectricité. Et des pays comme le Mexique et le Honduras ont été parmi les premiers à adopter les énergies éoliennes et solaires. Et puis, au niveau des projets éoliens et solaires récents, le Brésil, le Chili et la Colombie se démarquent vraiment au niveau mondial. »

 

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Le développement des énergies renouvelables a ralenti sous le gouvernement López Obrador

Au Chili par exemple, un tiers de l’électricité produite provient de centrales photovoltaïques et d’éoliennes. Pour Gregor Clark, voici quelques-unes des raisons qui expliquent cet essor des grands projets de ce type en Amérique latine : « Ils ont des enchères nationales d’énergie électrique qui incitent les entreprises à développer de nouveaux projets. Ces pays ont montré aussi une ouverture à l’investissement privé en général, ils ont établi des incitations fiscales pour les projets d’énergies renouvelables. Un autre facteur important, c’est la baisse du prix des installations d’énergie solaire et éolienne. Maintenant, le prix de la production d’énergie à partir de sources renouvelables est nettement inférieur à celui du charbon et du gaz. »

Pour autant, cela ne veut pas dire que l’Amérique latine atteindra la neutralité carbone d’ici à 2050, c’est-à-dire qu’elle produirait moins de CO2 qu’elle ne peut en absorber naturellement. Car le développement des énergies renouvelables peut être encouragé par certains gouvernements, comme au Chili ou en Colombie, mais freiné par d’autres, comme depuis quelques mois au Mexique sous la présidence d’Andrés Manuel López Obrador.

 

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De plus, ce rapport prend en compte uniquement la production d’électricité, mais pas les autres énergies. « Décarboner l’énergie ne veut pas dire uniquement décarboner l’électricité, donc attention : il faut à la fois décarboner l’électricité, on en a les moyens et, maintenant, d’une façon très compétitive puisqu’on a le solaire, l’éolien, etc., mais il faut aussi décarboner les transports. Ça veut dire l’électrifier, développer des batteries, développer d’autres vecteurs comme l’hydrogène vert, les biocarburants, etc. », précise Maria Eugenia Sanin, maîtresse de conférences en économie à l’université Paris-Saclay.

Le Chili mise sur l’hydrogène vert

Concernant l’hydrogène vert, le Chili est pour l’instant le plus avancé dans la région. Mais, produire ce gaz à partir d’électricité reste très cher et nécessite pour l’instant beaucoup d’énergie.

 

 

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