les Etats-Unis, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie expriment leur soutien à Israël dans une déclaration commune

Au rassemblement en soutien au peuple d’Israël à Marseille : « Il y a un temps pour tout. Aujourd’hui nous sommes en deuil »

Plusieurs centaines de personnes se sont réunies en fin d’après-midi à Marseille devant la préfecture des Bouches-du-Rhône à l’appel du CRIF Marseille-Provence, du Fonds social juif unifié et du consistoire de Marseille, nous écrit ce soir notre correspondant, Gilles Rof. Un rassemblement en solidarité à Israël et aux Israéliens que les organisateurs ont souhaité court et silencieux. « Aucune parole ne saurait apaiser notre souffrance. Aucun terme ne définit l’insoutenable cruauté des attaques perpétrées contre des femmes, des enfants, des familles, a expliqué Fabienne Bendayan, présidente du CRIF dans la région, et seule personnalité à prendre la parole. Il y a un temps pour tout. Aujourd’hui nous sommes en deuil. »

Les nombreux élus présents ont été invités à allumer tour à tour des bougies en mémoire des victimes des attaques du Hamas. Rares étaient les membres de la classe politique marseillaise à ne pas avoir répondu à l’appel. S’ils n’ont pas parlé publiquement, les élus ont dénoncé chacun à leur tour auprès des médias « l’horreur de la situation vécue par Israël ». « Voir que des familles ont été prises en otage, c’est abominable, odieux, cela donne des frissons », expliquait ainsi Martine Vassal, présidente de la métropole. « C’est le 11-septembre et le Bataclan réunis », soufflait Renaud Muselier, le président de la région, inquiet d’« une externalisation du conflit ». Après la cérémonie, représentants de la communauté juive et élus devaient être reçus à la préfecture des Bouches-du-Rhône pour évoquer la sécurisation des lieux de culte et communautaires de Marseille.

Dans la foule qui a investi le parvis de la préfecture en fin d’après-midi, rares sont les manifestants qui n’ont pas un lien personnel avec Israël. « Mes enfants et petits-enfants sont là-bas », glisse Clément Yana, président d’honneur du CRIF Marseille-Provence. « On communique sans arrêt avec eux depuis samedi. Ceux qui sont près de Tel-Aviv, ça va. Pour joindre mon petit-fils à la frontière du Liban, c’est plus compliqué », poursuit-il. Patrick Azoulay, 62 ans, raconte l’angoisse qui l’a saisi à l’annonce des attaques : « Ma nièce était en Egypte pour fêter son anniversaire. Elle a été exfiltrée par les services de sécurité israéliens. » Michèle Azoulay, sa cousine, évoque sa tante, habitante de Sdérot qui « a cru à un tremblement de terre » quand les premières roquettes ont commencé à tomber.

« La violence des attaques m’a surpris. Qu’Israël soit en état de guerre, on le sait. Mais là on parle d’un bilan trois fois plus important que le Bataclan et nous ne sommes pas au bout du compte », ajoute, dents serrées, Patrick Azoulay, qui aimerait « que le monde prenne conscience qu’on parle ici de terrorisme, pas de religion. Et qu’il faut l’éradiquer ». Plus inquiets de la situation en Israël que d’un débordement du conflit en France et à Marseille, chacun appelle pourtant à la vigilance. Michèle Azoulay craint une « montée de l’antisémitisme » et s’étonne que l’union départementale de la CGT, autrice d’un communiqué dénonçant la « politique coloniale d’Israël » dans l’après-midi, puisse appeler à une manifestation de solidarité avec la Palestine pour le lendemain. « Chaque fois qu’il y a un problème au Proche-Orient, il y a un risque de débordement », reconnaît Clément Yana, qui se dit « partisan que chacun garde ses solidarités sans tomber dans la violence communautaire ».

Gilles Rof (Marseille, correspondant)

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