Avec des revenus incapables de répondre à leurs besoins primaires, les parents haïtiens doivent faire face à la hausse annuelle des frais de scolarité. La loi sur les frais scolaires publiée en janvier 2017 n’a pas mis fin à cette pratique adoptée au sein des institutions scolaires. Chaque année les parents se plaignent de l’augmentation démesurée de ces frais; a déclaré Fedner Confident, porte-parole de l’Association des parents d’élèves d’Haïti (ASPAEDH).
La rentrée des classes constitue une période difficile pour les parents qui doivent dépenser une bonne partie de leurs économies et parfois ces frais dépassent totalement leurs revenus. « À la fin de chaque année scolaire, nous avons la lourde responsabilité de penser à la nouvelle année académique. On doit verser de fortes sommes pour assurer le retour de nos enfants à l’école, acheter des livres, des matériels de travail en classe qui coûtent très cher, explique Frédéric, père de deux enfants. Parallèlement, il souligne qu’étant plombier, en raison de la crise sécuritaire qui paralyse les activités du secteur de la construction, il ne gagne pas assez d’argent pour répondre convenablement aux frais de scolarité de ces deux enfants. « Nous faisons des sacrifices pour qu’ils continuent avec leurs études, mais les moyens nous manquent », déclare-t-il.
Fedner Confident, porte-parole de l’association des parents d’élèves d’Haïti (ASPAEDH), dénonce l’irresponsabilité des autorités gouvernementales en ce sens. « Il y a une loi qui a été votée pour régler la question des frais scolaires. Puisque l’État perd totalement le contrôle du système éducatif avec seulement 20% des écoles publiques sur le territoire, les établissements privés font la loi. La loi du sénateur Kély C. Bastien prescrit que les frais scolaires soient payés en monnaie nationale. Quant aux frais de confirmation de place, ils sont interdits et à la place les parents signeront un contrat d’engagement avec l’école en question. Les frais annuels ne devront en aucun cas dépasser la somme de deux mois de scolarité pour le préscolaire et trois mois de scolarité pour le fondamental et le secondaire. Ces frais ne pourront être revus à la hausse que chaque quatre (4) ans et ne pourront pas dépasser 10%. Aucune obligation de paiement de frais de cérémonie de graduation pour le kindergaten et le terminal », poursuit-il.
Par ailleurs, M. Confident soutient que la mauvaise organisation des écoles est une source d’appauvrissement pour les parents et que ces institutions ont contourné à tous les niveaux cette loi sur les frais de scolarisation qui a interdit les graduations qu’ils ont transformées en fête de fin d’année et les frais d’entrée en une tranche de l’année académique. En ce sens, le syndicaliste recommande aux autorités compétentes du ministère de l’Éducation de tout mettre en œuvre pour une régularisation de l’éducation et de l’ordre dans le système éducatif haïtien. « On doit prendre en compte le coût de la vie, de nouvelles lois pour vaincre l’ancien système », dit-il. Pour sa part, Frédéric souhaite que l’État puisse accorder certains avantages sociaux aux parents et assure la stabilité pour le bon fonctionnement des activités et garantir de meilleurs revenus aux travailleurs.
Oberde Charles
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