Les Haïtiens veulent partir à tout prix


Pour faire face à la crise multidimensionnelle du pays, notamment de l’insécurité qui entrave le fonctionnement normal de la population, les familles haïtiennes cherchent des solutions appropriées. Pour cette nouvelle année, le programme humanitaire « Humanitarian Parole », lancé par le gouvernement américain, a davantage démontré l’envie.

Actuellement, les attentes sont nombreuses au sein des familles haïtiennes. Certains entreprennent des démarches pour mettre en ordre leurs documents de voyage, plus précisément, « le passeport », qui est devenu un précieux sésame dont le coût varie de 30 000 gourdes jusqu’à 50 000 gourdes dans l’informel. D’autres vérifient sont dans l’attente d’un message pour les autoriser à s’installer aux États-Unis, dans le cadre de ce programme humanitaire mis en place par l’administration de Joe Biden en janvier dernier, qui souhaite accueillir tous les mois, 30 000 migrants pendant deux ans, sur le sol américain. 

 

Selon la militante des droits des migrants, Colette Lespinasse, l’envie de voyager ou la migration en elle-même n’est pas un problème, il s’agit d’un droit de la personne. « Ces hommes se sentent menacés par des problèmes divers, tels l’insécurité, la misère, le chômage et autres ; ils traversent les frontières à la recherche de meilleures conditions de vie. Il n’a rien de grave de laisser son pays, c’est un droit reconnu par les traités et conventions signés entre les États », a-t-elle soutenu. En ce sens, la militante se dit consciente de l’envie manifestée par les Haïtiens, qui veulent à tout prix quitter le pays, pour aller s’installer aux États-Unis durant ces dernières années. « En absence d’une volonté des autorités étatiques pour intéresser les jeunes à s’intégrer dans les affaires du pays, la migration est donc devenue la principale alternative de cette couche, qui représente la population active du pays. Ils ne voient pas leur avenir ici, ils sont obligés d’abandonner leurs familles et leurs proches, pendant qu’ils ne savent pas comment, ils vont se débrouiller en terre étrangère. Ils sont même prêts à recommencer leurs vies (…) », poursuit-elle.

 

Pour sa part, Sam Guillaume, responsable de communication et plaidoyer au Groupe d’appui aux rapatriés et aux réfugiés (GARR), explique que ce flux migratoire connu en Haïti ces dernières années démontre clairement les irresponsabilités de l’État vis-à-vis de la population. « C’est donc un problème économique, puisque la population n’est pas en mesure de satisfaire ces besoins primaires. Le droit à l’éducation, celui à l’alimentation, celui au loisir, ils sont tous violés. Pas de sécurité, les gens sont livrés à eux-mêmes dans les quartiers sans aucune assistance de l’État, la violence des gangs fait des victimes au quotidien, en effet, il s’agit de 4, 9 millions de personnes touchées par l’insécurité alimentaire. Une bonne partie de la population a en répit le pays. Ces citoyens sont en train de voir périr tous leurs efforts déjà réalisés », indique-t-il. 

 

 

De fait, beaucoup de gens se questionnent sur leur avenir en Haïti. Qui doit rester, pour quoi rester ; toute une série d’interrogations à propos des jours qu’on doit vivre dans ce pays ! Mme Lespinasse, à son tour, souhaite voir une prise de conscience citoyenne, car dit-elle : « nous n’aurons pas tous la possibilité de partir. Le lendemain du pays dépend de l’ensemble des actions de tous les citoyens. Les acteurs doivent se servir de la situation actuelle pour une réforme profonde de toutes les institutions du pays. Sam Guillaume a parallèlement rappelé que les affaires haïtiennes doivent être gérées entre eux et qu’ils ne doivent rien attendre de la communauté internationale pour faire face à cette crise, qui a des conséquences énormes sur le capital humain et l’ensemble des activités économiques du pays. »

 

 Oberde Charles

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