Les innovations incongrues présentées au CES de Las Vegas

Le CES, véritable événement, est le lieu de la démesure, du capitalisme sauvage et du techno solutionisme débridé. C’est à Las Vegas que le monde de demain s’invente dans un savant mélange d’esbroufe et de prophéties auto réalisatrices.

Depuis sa naissance en 1967 à New York, quelques innovations majeures présentées au CES sont entrées dans nos vies comme la souris d’ordinateur, le Walkman ou l’écran plat. Mais il faut bien reconnaître que c’est surtout le lieu d’innovations qui ne servent à rien, si ce n’est raconter une facette de notre monde.

Et comme les entreprises de la Tech adorent se regarder, je vais commencer par vous parler de miroirs : miroir mon beau miroir dis moi comment l’intelligence artificielle me rendra immortel !

Le groupe français Baracoda semble avoir la solution, avec son Bmind, miroir connecté dédié au bien être mental. L’idée est de faire non pas du miroir un ennemi du matin qui reflète la triste désolation des ravages du temps, mais ami qui vous veut du bien.

Grâce à l’IA générative, il peut vous parler, vous réconforter et répondre à vos interrogations en analysant votre humeur et l’état de votre stress par un système de reconnaissance faciale. Il pourra par lui même modifier sa lumière, pour une ambiance plus apaisante et vous proposer vidéos et images pour lancer agréablement votre journée. Reste à savoir comment ce miroir magique conservera vos données personnelles.

NuraLogix, autre miroir connecté propose d’aller encore plus loin en détectant certains risques de maladie comme le diabète de type 2 grâce à sa technologie optique, l’analyse de la masse corporelle et tension artérielle.

Cela rappelle le scandale Theranos, start-up qui promettait de déceler certains cancers avec une seule petite goutte de sang. Le résultat a surtout indiqué qu’il s’agissait d’une gigantesque arnaque, mais qu’il est confortable de s’en remettre à la technologie…

S’en remettre à la technologie, même pour promener son nourrisson

Pour assister les jeunes parents fatigués par leurs nuits hachées qui n’osent même plus se regarder dans un miroir – même connecté -, l’entreprise canadienne Gluxkind propose la première poussette assistée par l’IA.

Une sorte de copilote qui reconnaît les dangers extérieurs et signalent l’alerte aux parents qui n’auraient pas vu le scooter arriver à vive allure. Et pour ceux qui n’auraient même plus la force de bercer leur enfant, un programme s’enclenche pour effectuer un va et vient récurrent. Une machine qui berce les bébés, bienvenue dans le cauchemar dystopique.

Enfin à l’époque où le protectionnisme monte et les frontières se referment, je termine avec Flappy, une chatière connectée. Telle une douane, elle ne s’ouvre que si elle reconnaît la puce dans le collier de votre matou et une caméra intérieure analyse ce que tient votre animal dans sa gueule. S’il vous ramène une proie, Flappy lui refuse l’accès à la maison, une façon de lui apprendre les bonnes manières d’un monde civilisé.

Délégation technologique, repli sur soi et déresponsabilisation ; le CES est bien un triste miroir de l’époque.

Le Meilleur des mondes

1h 00


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