L’étude parue en 2023 fournit la première vue d’ensemble digne de ce nom de ces restes humains par ailleurs datés précisément. Elle inclut en outre une analyse de plus de 250 sites et de plus de 1 000 ensembles de restes. Les plus anciennes inhumations eurent lieu en 5 200 avant notre ère. Mais c’est entre l’an 1000 avant notre ère et l’an 1500 qu’elles furent le plus nombreuses, c’est-à-dire de l’âge du fer au Moyen Âge, en passant par l’époque romaine.
En évaluant l’ensemble de ces restes, les auteurs de l’étude les ont classés en trois groupes : les « momies », dont la peau, les tissus mous et les cheveux sont préservés, comme le célèbre homme de Tollund découvert au Danemark ; les « squelettes », dont les os sont tout ce qui a subsisté, comme c’est le cas pour la plupart des plus anciens hommes des tourbières, qui datent du 9e millénaire avant notre ère ; et les « mixtes », groupe composé de restes partiellement momifiés et squelettiques.
Les conditions variables régnant dans les diverses tourbières d’Europe ont produit différents niveaux de préservation. Chaque facteur, l’acidité d’une tourbière, le moment où un corps a été submergé après la mort, la saison, la présence d’insectes et le niveau d’exposition au fil du temps, a façonné l’état d’un corps tel qu’on l’a découvert et déterminé quelles parties pouvaient en être préservées.
Au 19e siècle, les chercheurs disposaient de peu de sources quand ils commencèrent à étudier sérieusement la manière dont ces corps s’étaient retrouvés dans ces tourbières. Il n’existe aucune trace écrite documentant les rituels et les croyances des sociétés ayant peuplé la région avant l’invention de l’écriture, et ces pionniers durent donc puiser des informations là où ils le pouvaient. Bon nombre d’entre eux s’appuyèrent largement sur les écrits de Tacite, historien romain du 1er siècle de notre ère, pour se faire une idée du sens à donner à ces sites de l’âge du fer.
Tacite écrivit La Germanie vers l’an 98 de notre ère, et ce, bien qu’il n’ait jamais visité en personne les régions de l’Europe septentrionale. En s’appuyant sur des sources de seconde et de troisième main, il décrivit les peuples du nord et leurs cultures. L’œuvre loue les vertus des tribus germaniques pour mieux couvrir de honte les Romains, à qui Tacite reproche leur comportement extravagant. Dans la section où il décrit les crimes et les châtiments perpétrés entre peuples germaniques, Tacite inclut des descriptions approbatrices de la pendaison de certains criminels tandis que d’autres sont noyés dans des tourbières.
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