Le Laboratoire de recherche en finance et financement de développement (Larffid) en partenariat avec l’Observatoire de la famille, de la femme et de l’enfant (Offe) a organisé, mardi 22 août 2023, à l’hôtel Méditerranéen à Cotonou, un atelier de dissémination des résultats pays du projet « Classe moyenne féminine et service de garde d’enfants en Afrique de l’Ouest : cas du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire et du Sénégal ». L’objectif est de partager et de vulgariser les résultats du projet avec les décideurs et acteurs du sous-secteur des affaires sociales aux fins de les amener à œuvrer pour la promotion des services de garde d’enfants au Bénin.
Analyser l’arbitrage que les femmes font dans la répartition de temps entre le travail domestique et la participation au marché du travail rémunéré. Tel est l’objectif principal du projet « Classe moyenne féminine et service de garde d’enfants en Afrique de l’Ouest : cas du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire et du Sénégal ».
Il vise à améliorer les conditions des femmes et de prise en charge des enfants dans la sous-région et particulièrement au Benin », a rappelé Dr Sylvain Hèkponhoué dans sa présentation des résultats du Bénin pour le compte dudit projet.
Selon les organisateurs, ce projet vient de la préoccupation que la femme est beaucoup plus occupée par les tâches et travaux domestiques que l’homme et n’arrive pas à accorder suffisamment de temps pour faire un travail qui paie. D’où l’urgence de mener des réflexions qui vont amener le gouvernement et les différentes institutions du pays à œuvrer pour la promotion des services de garde d’enfants aux fins de décharger un peu la femme de ces tâches et de la rendre capable d’apporter beaucoup plus en termes de travail rémunéré et de contribution à la croissance économique.
Pour aboutir à des données claires et exploitables, l’équipe de chercheurs a identifié les déterminants de l’arbitrage du temps de la femme de la classe moyenne entre travail rémunéré et non rémunéré liés à la situation sociodémographique. Elle a aussi analysé l’influence de l’accès aux garderies d’enfants sur la répartition du temps de travail de la femme entre travail rémunéré et non rémunéré avant de formuler des recommandations pour la promotion des services de garde d’enfants au Bénin.
Selon les le Directeur du Larffid, la classe moyenne féminine est la classe des femmes qui ne sont ni pauvres ni riches. Ces femmes, dira-t-il sont dans une classe intermédiaire. Ce qui justifie qu’elles peuvent apporter beaucoup plus en terme de contribution à l’économie. Mais, poursuit Prof Denis Acclassato Houensou « pour que ces femmes participent à la croissance économique, il faut qu’on réduise la charge qu’elles portent en terme de travaux domestiques, en terme de garde d’enfants ».

En se référant aux résultats de la recherche, il souligne que « globalement, il est plus difficile pour la femme béninoise d’entrée dans la classe mais une fois dans la classe, elle a des facilités à passer de la classe moyenne féminine à la classe moyenne au-dessus mais avec beaucoup plus de difficultés à accéder à la classe moyenne supérieure avant la classe moyenne totale de l’intervalle qui est défini ».
Réalisée par le Laboratoire de recherches sur les institutions et la croissance (Linc) en collaboration avec l’Université Amadou Mahtar Mbow (Uam), le soutien et l’appui financier du Crdi, cette étude a été pilotée au Bénin par le laboratoire de recherche en finance et financement de développement avec l’appui stratégique de l’Observatoire de la famille, de la femme et de l’enfant (Offe) qui est la structure technique en charge des études au niveau du Ministère des affaires sociales et de la microfinance.
Lors de l’atelier, la présentation des résultats globaux de l’étude a été assurée par Dr Assion Clavercio Lawson. Dans sa présentation, l’universitaire a indiqué que « pour certains aspects spécifiques de l’étude qui a duré trente (30) mois, l’équipe de chercheurs s’est appesantie sur les grandes villes notamment Cotonou au Bénin, le district autonome d’Abidjan en Côte d’Ivoire, Ouagadougou au Burkina et Dakar au Sénégal.
Pour rester coller aux directives du pays en la matière, l’Offe a été impliqué dans le processus de l’étude par l’équipe du Prof Aclassato.
Evoquant les stratégies innovantes et réussies mises en œuvre pour promouvoir l’autonomisation des femmes en lien avec l’enjeu des services de garde d’enfants, le Directeur de l’Offe a confié que « le projet vient à point nommé car il adresse trois thématiques majeures du ministère des affaires sociales et de la microfinance notamment la promotion de la femme, la promotion du genre et la protection de l’enfant ».
Ainsi, au regard de l’importance de la thématique, l’Observatoire a accompagné toutes les étapes du processus depuis la validation des termes de références jusqu’au recrutement et la formation des agents enquêteurs et tout ce qu’il y a eu comme activité de terrain, de collecte de données et également le passage au niveau du Conseil national de la statistique dans une parfaite collaboration.
« Nous avons également veillé à l’association de la recherche fondamentale et la recherche action tout en restant en parfaite symbiose avec les différentes instances du projet », a précisé Dr Nassirou Kassoumou Hararou avant d’ajouter que « Cette approche a permis d’obtenir des modèles déjà consommables à travers les recommandations ».
Il est donc attendu du gouvernement de la Rupture et des structures privées qu’ils fassent de la question des services de garde d’enfants une priorité pour le développement socio-économique national.
Cet atelier de dissémination des résultats pays du projet « Classe moyenne féminine et service de garde d’enfants en Afrique de l’Ouest : cas du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire et du Sénégal » fait suite à la présentation des résultats globaux de l’étude à Dakar il y a un mois.
JM.
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23 août 2023 par
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