« Nous sommes dans un processus de transition » : cette phrase c’est le premier ministre nommé par la junte nigérienne- qui l’a prononcée.
Transition, le mot est lâché. Mot bien pratique et en en bonne place dans les « manuels du parfait putschiste ».
Car le principe d’un putsch réussi, c’est sa reconnaissance.
Reconnaissance intérieure : pour cela il faut que le pouvoir précédent signe sa démission et que le reste de la classe politique l’entérine.
Mais il lui faut surtout aux putschistes une reconnaissance internationale.
Théoriquement impossible compte tenu des critères de démocratie élective qui régissent les relations internationales.
Pas un état ne peut légitimer un coup sans risquer lui-même de se mettre en danger.
Mais sans reconnaissance internationale, un état n’est pas viable.
Il n’a pas d’interlocuteurs institutionnels, il est généralement sous le coup de sanctions, gels de ses avoirs, et on peut lui barrer l’accès au système bancaire international…
De quoi créer une situation encore plus catastrophique pour les civils que celle directement liée au coup d’état…
C’est là qu’intervient la « transition »: mot magique quand une situation s’enlise, et que le point de non-retour est atteint comme au Niger où personne n’imagine une seconde aujourd’hui les putschistes lâcher le pouvoir et réinstaurer l’autorité du président Bazoum.
En trois ans, sept coups d’états ont eu lieu en Afrique de l’Ouest et en Afrique Centrale,
Guinée, Soudan, Tchad, Mali, Burkina Faso…
Et dans chacun de ces pays, le scénario s’est reproduit à l’identique.
Putsch… Puis médiation internationale qui finit par accoucher d’un processus de transition : d’abord des discussions avec la société civile et l’ensemble des partis politiques.
Puis l’écriture en général d’une nouvelle constitution.
Enfin, la tenue d’élections législatives et présidentielles qui permet théoriquement de boucler le processus et de repartir sur de bonnes voies démocratiques…
Tout cela prend du temps…
En général, les médiateurs donnent 6 à 18 mois pour que ces processus aboutissent…
Sauf qu’en réalité, ces transitions n’en finissent pas.
Exemple au Mali : 2020, le président Ibrahim Boubacar Keita est renversé. De très lourdes sanctions sont mises en place. Levées, le jour où la junte nomme un gouvernement civil de transition et s’engage à des élections avant février 2022.
Mais voilà depuis, la junte a chassé le gouvernement de transition, puis elle modifié la durée de cette transition, passée à 6 ans. Résultat : rebelote, nouvelles sanctions jusqu’à ce que la junte finisse par ramener la transition à trois ans…
Bref au Mali, les élections n’ont toujours pas eu lieu…et sont loin d’être au programme…Et c’est Pareil au Tchad, … En Guinée… Au Burkina..;
Et voilà comment s’installent des régimes de facto, qui jouent la montre .. La plupart du temps les élections sont reportées à cause de l’insécurité…
Dans ce contexte de contagion des coups d’état ces dernières années, ce qui surprend le plus finalement, c’est que les instances internationales et régionales n’aient toujours pas réussi à mettre en place une réponse mécanique, qui couperai toute tentation de nouveau putsch.
On reste dans l’attente, le compromis, puis dans l’état de fait. Or on le sait… chaque coup réussi augmente la probabilité de nouveaux putsch ouvrant ainsi davantage la voie à l’instabilité, l’impunité, l’insécurité dans toute la région…
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