« L’Escale de Guinée », échappée solitaire en Super 8

Franssou Prenant a passé neuf mois à Conakry, de février à juillet 1986, deux ans après la mort du dictateur guinéen Sékou Touré. La cinéaste passée par l’Idhec (lire ici notre présentation de son travail) s’est mise à monter le film au retour, dérushant ses heures d’images tournées en Super 8 (puis gonflées en 16 mm), tout en rédigeant en même temps la voix off si singulière du film, prononcée presque d’une traite, dans un élan fragile, par endroits douloureux.

« Pendant ces mois en Guinée, j’ai beaucoup écrit : des courriers envoyés, mais aussi des cahiers que je remplissais de tout ce que je trouvais… Au retour, je me suis servie de ces lettres et de ces cahiers, pour écrire cette voix off », explique Franssou Prenant à Mediapart, qui précise au sujet de sa méthode : « Au moment du montage, je monte le son et l’image de front, il n’y en a pas un qui vient avant l’autre. »

Longtemps confidentiel, peu diffusé – « On me renvoyait le fait que le film était trop “personnel”, ce que je prenais pour un compliment » –, L’Escale de Guinée est un essai incandescent, porté par quelques scènes très maîtrisées (dont une échappée en train), et qui en dit sans doute autant sur les ravages du fait colonial en Guinée que sur la grande solitude de la réalisatrice cette année-là.

Mediapart s’est entretenu avec Franssou Prenant à l’occasion de la rétrospective que lui consacre le festival Cinéma du réel à Paris jusqu’au 2 avril.

Retrouvez d’autres documentaires à visionner sur Mediapart ici.

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L’Escale de Guinée. France. 1987. 57 minutes. 16 mm // Réalisatrice : Franssou Prenant // Montage : Jacques Kebadian, Franssou Prenant // Son : Franssou Prenant, Louis Gimel, Jean-Paul Andrieu // Voix off : Franssou Prenant // Une production Franssou Prenant en coproduction avec La Sept-Arte.

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