L’humoriste amricain John Oliver plaide en faveur du dmantlement des gants de la technologie, Allguant que les Big Tech touffent le type d’innovation qu’ils prtendent tous valoriser
L’humoriste amricain John Oliver a utilis son mission « Last Week Tonight » pour dnoncer dimanche soir le comportement anticoncurrentiel prsum des Big Tech et plaider en faveur de nouveaux projets de loi antitrust, notamment l' »American Innovation and Choice Act » (AICO) et l' »Open App Markets Act ». Qu’il s’agisse d’Apple et de Google qui prlvent des sommes considrables sur les ventes des magasins d’applications ou de la mainmise d’Amazon sur le march des vendeurs en ligne, Oliver a expliqu comment le pouvoir de ces entreprises pouvait touffer l’innovation et comment les lgislateurs pouvaient secouer le secteur.
Oliver a expliqu comment les grandes entreprises technologiques rgissent Internet. Mettre fin un monopole est presque toujours une bonne chose, qu’il s’agisse d’AT&T, de la Standard Oil ou de n’importe quel jeu de Monopoly. Lorsque les monopoles nuisibles prennent fin, l’innovation s’panouit , a-t-il dclar. Il fait rfrence AT&T, car jusque dans les annes 1980, l’oprateur tlcom amricain dtenait un monopole sur tous les services tlphoniques du pays. Oliver a rappel qu’une fois AT&T dmantel, les prix ont chut et l’innovation a explos, ce qui a donn lieu des avances telles que les rpondeurs tlphoniques et les modems.
En fait, le dmantlement aurait contribu rendre possible l’omniprsence d’Internet. L’humoriste a consacr 25 minutes de sa dernire mission Last Week Tonight la « mchancet gnrale » des grandes entreprises technologiques et a plaid en faveur de deux projets de loi antitrust historiques actuellement examins par le Congrs. Il s’est concentr sur les affirmations des groupes de dfense et des petites entreprises selon lesquelles des gants comme Google et Meta, la socit mre de Facebook, adoptent un comportement anticoncurrentiel et d’autorfrencement qui promeut leurs produits et services et renforce leur statut de dominateurs sans gal.
Au cours de l’mission, il s’est attaqu la commission d’environ 30 % d’Apple sur l’App Store (appele « taxe Apple » par les critiques), qu’il a qualifie en plaisantant de « prix du sang ». Il s’en est ensuite pris Google, qu’il a critiqu pour avoir « exploit sa position dominante sur le march » de la recherche. Les chercheurs estiment en effet que Google possde plus de 90 % des parts de march de la recherche. Oliver a galement cit une tude selon laquelle deux tiers (environ 66 %) de toutes les recherches effectues sur Google n’aboutissent jamais ce qu’un utilisateur quitte une proprit Google connexe.
Imaginez que vous cherchez une recette de cuisine sur Google et que vous soyez dirig vers une vido YouTube appartenant Alphabet. Selon l’humoriste, c’est de l’autorfrencement en action. La pratique consiste pour les entreprises favoriser injustement leurs propres produits sur leurs propres plateformes. L’algorithme de Google ne devrait pas dterminer si l’entreprise de quelqu’un est relle ou non , a dclar Oliver, faisant rfrence des entreprises telles que Yelp. Elles ont accus Google d’avoir vol leur contenu et ont allgu que l’autorfrencement du gant technologique a limit leur visibilit et leur porte.
Apple, par exemple, empche les utilisateurs d’iPhone de tlcharger des applications ailleurs que dans son App Store, o les applications Apple apparaissent toujours en premier dans les recherches. Oliver s’en est surtout pris Amazon, qui a fait l’objet de vives critiques pour avoir prtendument donn la priorit ses propres marques de produits au dtriment de ses petits concurrents, ce qui a eu pour effet d’vincer les petites entreprises. En fait, c’est le terrain de jeu d’Amazon, c’est lui qui fixe les rgles, et il semble qu’il gagne la plupart du temps. S’ils vous font concurrence, vous tes pratiquement mort , a dclar Oliver.
Il a aussi ajout qu’Amazon est essentiellement le seul endroit o l’on peut vendre quoi que ce soit sur Internet. moins que vous ne cherchiez vous dbarrasser de quelques dents humaines, car dans ce cas, c’est Craigslist qui s’impose, bb ! , a-t-il dclar. En 2020, la sous-commission de la Chambre des reprsentants sur le droit antitrust, commercial et administratif a publi un rapport de 450 pages affirmant qu’Apple, Amazon, Facebook et Alphabet (la socit mre de Google) adoptent rgulirement des comportements anticoncurrentiels afin de prserver leurs monopoles incroyablement lucratifs.
Par exemple, selon le rapport, 65 70 % de tous les achats effectus sur les marchs en ligne aux tats-Unis passent par Amazon. Une analyse rcente a montr qu’Amazon oriente les acheteurs vers des produits vendus par Amazon dans 40 % des cas et que, lorsqu’il oriente vers un autre fournisseur, neuf fois sur dix, il s’agit d’un fournisseur qui utilise les services d’expdition d’Amazon. Et c’est sans parler des quelque 160 000 produits qu’Amazon fabrique – et promeut – lui-mme, dont certains seraient des contrefaons bon march de produits fabriqus par de petites entreprises qui sont alors dans l’impossibilit de vendre leurs produits.
Si Oliver a reconnu que de petites rformes ont t apportes par Apple et Google au cours des dernires annes, il a dclar qu’elles n’taient intervenues qu’aprs une pression incessante des activistes et de nombreuses poursuites judiciaires. Il a galement critiqu les arguments rcents des Big Tech contre les nouvelles mesures antitrust, notamment l' »American Innovation and Choice Act » (AICO) et l' »Open App Markets Act ». Ces projets de loi ouvriraient nouveau la porte l’innovation et ramneraient Internet ce qu’il tait cens tre ds le dpart : un outil rvolutionnaire qui a largi l’accs mondial l’information , a ajout Oliver.
Par exemple, l’AICO interdirait Amazon de privilgier ses propres produits de marque prive par rapport ceux de vendeurs indpendants. L’Open App Markets Act obligerait Apple et Google permettre aux utilisateurs d’installer des applications tierces sans passer par leurs magasins d’applications. Ces projets de loi bnficient d’un soutien bipartisan, mais le chef de la majorit au Snat, Chuck Schumer, ne les a pas encore appels au vote. Il avait promis de les soumettre au « dbut de l’t », mais rien n’a t programm alors que le Congrs se prpare voter sur un projet de loi bipartisan sur le contrle des armes feu.
L’mission d’Oliver s’est galement attir les louanges de certains groupes de dfense des consommateurs et de petites entreprises technologiques qui ont pass des annes mettre en lumire les pratiques anticoncurrentielles et le pouvoir politique dmesur des Big Tech. Fight for the Future, l’un des principaux dfenseurs des rformes antitrust, s’est montr favorable l’mission en raison de sa prsentation claire des prjudices prsums causs par les entreprises technologiques et de la mise en vidence des liens familiaux du chef de la majorit dmocrate au Snat avec les entreprises mmes que la nouvelle lgislation tenterait de cibler.
Une explication claire comme de l’eau de roche des mfaits du monopole et de l’autorfrencement des Big Tech, avec des dmonstrations piques des mensonges des Big Tech , a tweet Evan Greer, directeur de Fight for the Future. Greer a soulign une mission de 2017 de Last Week Tonight sur la neutralit du rseau, qui, selon lui, a jou un rle important dans la galvanisation du soutien du public cette question. Il est possible, a ajout Greer, que l’pisode de cette semaine puisse allumer une tincelle similaire pour la rforme antitrust. Pourtant, les Big Tech font tout leur possible pour empcher ces projets de loi de voir le jour.
La semaine dernire, un rapport a rvl que les Big Tech ont dj dpens environ 36 millions de dollars en publicits pour saboter le projet de loi AICO, tandis que les partisans de la mesure n’ont dpens que 200 000 dollars pour la soutenir. Ces dpenses constituent l’une des plus grandes campagnes publicitaires de la puissante industrie technologique de ces dernires annes et refltent sa crainte du potentiel perturbateur d’une lgislation antitrust plus stricte. L’une des associations ayant le plus dpens dans ces campagnes de lobbying est l’association internationale « Computer and Communications Industry Association » (CCIA).
Source : Vido de l’mission (ci-dessous)
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