Ligue 1 – Avant Rennes – Monaco : Martin Terrier, délicate progression, remarquable explosion

Ne vous fiez pas à ses sourires de plus en plus fréquents, ni même à sa gueule de gendre idéal. Martin Terrier est un personnage bien plus complexe qu’il en a l’air, dont la trajectoire dit tout de ce qu’est, le plus souvent, la carrière d’un footballeur. Son talent ayant fini par prendre le dessus sur tout le reste, l’attaquant a fini par atteindre, à Rennes, une forme d’épanouissement qui lui vaut aujourd’hui une lutte avec l’expérimenté Wissam Ben Yedder au classement des meilleurs buteurs de Ligue 1.

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L’Armentiérois a simplement pris son temps. Lancé à 19 ans à Lille, où il a été formé, Terrier est parfois passé à la lessiveuse d’un microcosme toujours plus exigeant avec les joueurs de son potentiel. Prêté à Strasbourg après une seule saison en pro, acheté par l’OL six mois plus tard, le buteur a suivi le même parcours de ces quelques jeunes capables de se mettre en lumière, seuls, sur le terrain. Footballistiquement, le Nordiste avait tout à parfaire mais il était prêt. Psychologiquement, c’était tout le contraire.

Deux fois, je l’ai retrouvé au bord des larmes

« Je l’appréciais beaucoup, il était jeune et se confiait à moi sur plein de choses, expliquera plus tard Jonas Martin, qui l’a côtoyé à Strasbourg puis à Rennes, sur RMC Sport. C’était la période où les réseaux sociaux prenaient de l’ampleur. Au début, il marquait beaucoup et regardait tout le temps Twitter. Je lui disais : ‘Attention Martin. Là, tu marques donc il n’y a pas de problème. Mais quand tu ne vas plus marquer, attention…’. Puis, il a signé à Lyon mais a poursuivi son prêt à Strasbourg. […] Il faisait des bons matches mais ne marquait plus. Les gens lui reprochaient de se ficher de Strasbourg depuis qu’il avait signé à l’OL. Deux fois, je l’ai retrouvé au bord des larmes après les matches parce qu’il avait tapé son nom sur Twitter et il voyait les gens le critiquer. »

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N’est pas Kylian Mbappé qui veut. Martin Terrier a beau être pétri de qualités, il est aussi un jeune homme comme tant d’autres. Sensible, réservé et en plein apprentissage. Lorsqu’il avait poussé sa direction à débourser 11 millions d’euros en plein hiver pour l’acheter et couper l’herbe sous le pied des concurrents, Florian Maurice n’avait pas encore tout à fait cerné la personnalité du bonhomme. Son transfert avait fait l’objet d’un vide réglementaire, finalement vite clarifié, et la suite avait laissé présager une progression linéaire. Entre Rhône et Saône, sous les ordres de Bruno Genesio, Terrier boucle une première saison encourageante (9 buts en 32 matches de championnat.)
La suite fut beaucoup plus confuse : sous Sylvinho puis Rudi Garcia, l’ancien Lillois redevient un élément offensif parmi beaucoup d’autres. Lui cherche encore de la confiance. Il ne trouve que de la concurrence. L’entraîneur français, comme son prédécesseur, se laissent convaincre que ses aptitudes techniques et de vitesse en font un pur ailier. À son arrivée, il avait pourtant prévenu : « À gauche, ce n’est pas mon poste de prédilection, soufflait-il au Progrès. Je suis plus un joueur évoluant devant, mais pas seul. Avec Moussa Dembélé, on a souvent joué ensemble en Espoirs et ça nous a permis d’être efficaces tous les deux. »

11 buts attendus, 18 buts réels

Après une deuxième saison médiocre à Lyon, Terrier retrouve un environnement plus sain, ainsi que Maurice et Genesio. Et ça change tout. « Sa progression est celle que j’attendais, a récemment confié son entraîneur. Avec Florian [Maurice], on ne s’est jamais caché : c’est un attaquant qui a toutes les qualités modernes pour être un grand attaquant. Jusqu’à présent, il n’exprimait pas tout son potentiel, certainement à cause de blocages ou par déficit de confiance. »

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Les verrous ont sauté. Parce que le jeu mis en place par le technicien rennais offre énormément de liberté aux joueurs offensifs. « Il me laisse vraiment aller où je veux, a expliqué l’ex Dogue. Il me pousse souvent à prendre des risques. Je suis satisfait et je sens que cette saison, j’ai passé un cap au niveau mental. En termes d’efficacité, je pense que ça se voit. » Les chiffres ne disent pas autre chose : en Ligue 1, aucun autre joueur n’a creusé un tel écart entre ses « buts attendus » (11,4) et ses buts réels (18). Et en Europe, seul Giovanni Simeone fait mieux.

À 25 ans, Terrier arrive à maturation, ce qui lui a permis de trouver des réponses sur le terrain et de se poser moins de questions en dehors, y compris sur le travail invisible. À Rennes, son positionnement est devenu moins important que sa liberté ou sa relation avec d’autres joueurs, comme Gaëtan Laborde, qui « l’aide beaucoup à se surpasser« . « J’ai un caractère un peu plus discret que certains mais je sens que j’ai pris en assurance« , résume-t-il. Finalement, ça valait le coup d’attendre.

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