L’UNICEF et le Gouvernement célèbrent la Journée mondiale de l’Enfance – Africa Guinee

CONAKRY-Placé sous le thème « La Crise climatique est la crise des droits de l’Enfant », le 34e anniversaire de la Journée mondiale de l’Enfance a été célébré ce lundi 20 novembre 2023, à Conakry, par l’UNICEF et le Gouvernement guinéen, à travers le Ministère de la Promotion Féminine, de l’Enfance et des Personnes Vulnérables. Les écoles primaires Diawandou Barry sise à Dixinn et les Dabadins, située à Donka, ont abrité conjointement les activités de cet évènement.

La célébration de cette journée a démarré à l’école primaire Diawandou Barry. Dans cet établissement, la ministre de la Promotion Féminine, de l’Enfance et des Personnes Vulnérables, la ministre de l’Environnement et du Développement Durable et le Représentant de l’UNICEF en Guinée ont assisté à la mise en terre des arbres par les enfants dans la cour, avec une participation massive des élèves. De là, la délégation s’est dirigée à l’école primaire les Dabadins située à Donka, où une cérémonie festive a eu lieu. Là, plusieurs discours ont ponctué ladite cérémonie.

« Je voudrais tout d’abord exprimer ma profonde gratitude à l’endroit du gouvernement Guinéen et de ses partenaires pour avoir massivement répondu à notre invitation à l’occasion de la célébration du 34ème anniversaire de l’adoption de la convention relative aux Droits des Enfants. La Journée Internationale des Droits de l’Enfant est un moment important pour rappeler que chaque enfant, fille ou garçon, y compris les plus vulnérables, doivent pouvoir bénéficier de tous ses droits. Cette année, le focus sera mis sur l’impact du changement climatique sur les droits de l’enfant. Les conséquences du changement climatique conduisent à l’insécurité alimentaire et à la recrudescence des pratiques néfastes à l’encontre des enfants« , a déclaré l’un des membres du Parlement des Enfants de Guinée, dans son discours.

La date choisie pour cette célébration constitue un moment privilégié pour rappeler que les droits de tous les enfants, sans distinction aucune, doivent être assurés en toute circonstance, a rappelé la ministre de la Promotion Féminine, de l’Enfance et des Personnes Vulnérables. Elle ajoute en outre que c’est au regard de l’aggravation de la crise climatique, que le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies invite les États à prendre les mesures pour faire respecter le droit des enfants à un environnement propre, sain et durable.

« Dans le contexte particulier de la tenue de la COP28 à Dubaï du 30 novembre au 12 décembre, le Département dont j’ai la charge se réjouit de la participation active du Parlement des Enfants de Guinée au Sommet Africain sur le climat dont la présidente vient de procéder à la remise solennelle des résolutions. Prenant acte de l’engagement de cette instance consultative des enfants de Guinée, ministère de la Promotion Féminine, de l’Enfance et des Personnes Vulnérables, avec l’appui des Ministères de l’Environnement, de l’Education et de la Jeunesse ainsi que le concours des partenaires, placera les enfants au cœur de l’agenda climatique. Je saisis cette occasion pour rappeler que notre pays a posé des actes importants à la fois dans le domaine de la protection des droits de l’enfant et celui lié au changement climatique« , précise Aicha Nanette Conté, dans un discours lu par Mariama Diallo, Présidente du Parlement des Enfants de Guinée. Elle cite entre autres :

– la ratification de la Convention relative aux Droits de l’Enfant (CDE) en 1990 et de la quasi-totalité de ses Protocoles additionnels ;

– la présentation et l’examen des différents rapports (initial et périodique) liés à la mise en œuvre de la CDE ;

– l’élaboration en 2008 et la révision en 2019 de la loi portant code de l’enfant ;

– la signature d’un document d’engagement dans le cadre de la lutte contre les violences faites aux enfants ;

-la ratification de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques et le Protocole de Kyoto respectivement en 1993 et 2005 ;

– l’élaboration en 2007 du Plan d’Action National d’Adaptation aux changements climatiques (PANA).

-l’élaboration en 2019 d’une stratégie nationale de développement durable.

Malgré les progrès réalisés, des millions d’enfants dans le monde luttent encore chaque jour pour leur survie. Pourtant, estime le Représentant de l’UNICEF en Guinée, chaque enfant doit avoir une enfance, un futur, une chance équitable de réaliser pleinement son potentiel, d’avoir une éducation de qualité, de grandir en bonne santé dans la paix et le respect.

« Pour chaque enfant, I’UNICEF souhaite des résultats. L’UNICEF est présent en Guinée depuis 39 ans et travaille tous les jours avec le gouvernement et ses partenaires pour répondre aux besoins des enfants. Des progrès ont été faits pour la santé, l’éducation, la nutrition, l’accès à l’eau potable et aux services d’hygiène et pour la protection de l’enfance. Mais je veux aussi vous parler de deux choses inquiétantes qui touchent tous les enfants et qui concernent tous les aspects de leur vie : l’impact du changement climatique et environnementaux.

La crise climatique est une crise des droits de l’enfant, car les conséquences du changement climatique privent les enfants de leurs droits, de leur sécurité, leur éducation et leur avenir et ont des répercussions sur leur santé, élémentaires. Par rapport aux adultes, les enfants sont plus exposés aux conditions météorologiques extrêmes à la pollution, aux maladies mortelles. En Guinée, les vents violents et les fortes pluies provoquent de grosses inondations qui privent les enfants de leurs écoles, des centres de santé et de leurs maisons.

Les périodes de sécheresse créent des pénuries d’eau, détruisent les cultures et mettent en danger la sécurité alimentaire des enfants, les pénuries et la déforestation obligent les gens à se déplacer pour rechercher de nouvelles terres, de nouvelles maisons, de nouvelles sources de revenus, et cela crée des tensions dont les enfants sont les premières victimes. Aujourd’hui, la parole est aux enfants pour qu’ils revendiquent leurs droits et appellent les adultes à se mobiliser pour trouver des solutions durables afin de protéger les enfants des conséquences du changement climatique et de la dégradation de l’environnement« , a déclaré Émile Nema, élève de la 6ème année de l’école primaire des malvoyants qui a lu le discours Félix Ackebo, le Représentant de l’UNICEF en Guinée.

En Guinée, les températures verront une hausse en moyenne de 1,5°C en 2030 pouvant aller jusqu’à plus de 3°C en 2050. Les enfants sont moins capables de réguler leur température corporelle et plus enclins à la déshydratation, ce qui les rend plus vulnérables en cas de vagues de chaleur extrême, a-t-on appris sur place.

Oumou Hawa Diallo, Jeune Ambassadrice de l’UNICEF en Guinée pour les enjeux climatiques pour la cause climatique, a rappelé que les maladies infantiles mortelles se propagent davantage en raison de la dégradation de l’environnement et du changement climatique. Les principales causes de mortalité infantile que sont le paludisme, les maladies diarrhéiques et les infections respiratoires aiguës sont connues pour leur sensibilité aux variations climatiques. Le paludisme est la principale cause de décès chez les enfants guinéens de moins de 5 ans avec 7 000 décès recensés chaque année.

La malnutrition infantile quant à elle, est aggravée par les mauvaises récoltes et la hausse des prix des denrées alimentaires, qui sont exacerbées par les températures plus élevées et l’augmentation des précipitations liées au changement climatique. En 2023, 350 000 enfants souffrent de malnutrition en Guinée.

Les enfants sont plus vulnérables à la pollution de l’air et des sols que les adultes. Environ 80% de la consommation énergétique des familles guinéennes dépend de la biomasse, principalement le bois de cuisine et le charbon de bois.

En brûlant, le charbon de bois entraîne de fortes émanations de carbone affectant les voies respiratoires des enfants. Entre 2010 et 2017, la Guinée aurait perdu 956 000 hectares de forêt, représentant une diminution de 12% de sa couverture forestière. Les zones de mangrove ne sont pas épargnées par la déforestation, avec une régression.

Dansa Camara DC 

Pour Africaguinee.com


Créé le 21 November 2023 11:14

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