Le week-end dernier, le président sénégalais Macky Sall a entrepris une visite privée au Royaume du Maroc, selon des sources médiatiques nationales et internationales. Cette démarche, survenue alors que son mandat présidentiel touche à sa fin, s’inscrit dans le cadre de ses préparatifs pour s’installer au Maroc avec sa famille. Notamment, il est relevé que les proches de Sall « n’ont pas été informés de ce déplacement« .
Cette visite, largement relayée par les médias, survient peu de temps après que le président sénégalais a exprimé, lors d’une entrevue, son intention de résider et de vivre au Maroc après la fin de son mandat. Des observateurs, ayant préalablement échangé avec Hespress, ont expliqué que le choix de plusieurs présidents et personnalités politiques africains de s’établir au Maroc découle de divers facteurs qui rendent Rabat attrayante pour eux.
Parmi ces facteurs, il convient de mentionner la stabilité politique et sécuritaire dont jouit le Maroc, distinguant ainsi le pays de ses voisins confrontés à des troubles sécuritaires et à des menaces grandissantes à leurs frontières. De même, la stabilité financière et économique, ainsi que les relations historiques entretenues depuis longue date par Rabat avec divers présidents africains, tels que l’ancien président gabonais Ali Bongo et son homologue congolais Denis Sassou Nguesso, sont des éléments qui contribuent à cette attractivité.
Dans un même ordre d’idées, les observateurs soulignent la neutralité avec laquelle Rabat aborde les crises internes de plusieurs pays africains, notamment à la suite de récents coups d’État militaires ayant renversé plusieurs dirigeants dans la région du Sahel et du Sahara. Le respect des principes encadrant la politique étrangère marocaine, à savoir le non-ingérence dans les affaires intérieures d’autres États, renforce la réputation du Maroc sur le continent et accroît son attrait pour les anciens présidents.
Par ailleurs, le Sénégal traverse une crise politique sans précédent depuis février dernier, déclenchée par l’annonce du président Macky Sall de reporter les élections présidentielles initialement prévues pour le 25 du même mois, jusqu’en décembre prochain. Cette décision a suscité une vague de protestations menée par l’opposition, secouant la capitale Dakar et plusieurs autres villes du pays, et entraînant des pertes humaines et des blessés. Les capitales occidentales, notamment Washington, Paris et Berlin, ainsi que les pays de la CEDEAO, ont critiqué cette initiative et ont appelé au report des élections présidentielles au Sénégal.
La tension politique s’est apaisée suite au retrait de la décision par le président Sall, annonçant l’organisation du premier tour des élections présidentielles pour le 24 du mois en cours, après l’intervention du Conseil constitutionnel sénégalais, qui a jugé illégale la décision de reporter les élections. De plus, le président a décidé de rester en fonction jusqu’à l’élection de son successeur et a ordonné la libération de plusieurs opposants arrêtés lors des manifestations. Ces mesures ont été accueillies favorablement au niveau régional et international, notamment par l’Union africaine et l’Union européenne.
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