malgré les mesures issues du Grand dialogue national, l’insécurité persiste dans l’Ouest anglophone

Avec notre envoyé spécial à Buéa, Alphonse Tebeck et traduit par Sidy Yansané

Vendredi 11 août, s’est tenue, à Buéa, dans l’ouest, la cinquième session du Comité de suivi de la mise en œuvre des recommandations du Grand dialogue national, ouvert en septembre 2019. L’événement a réuni le Premier ministre, des représentants de la société civile ainsi que les autorités religieuses

Le Premier ministre Joseph Dion Ngute admet que la crise a eu un impact douloureux sur les économies des régions de l’Ouest, mais il affirme que les activités socio-économiques reprennent à mesure que les recommandations du dialogue sont mises en œuvre.

 « Cette cinquième session a été focalisée sur le développement économique de ces deux régions. Nous avons vu que les industries reprennent, les plantations ont repris, l’activité a repris dans beaucoup de villes, dans beaucoup de zones rurales, mais nous constatons aussi que, surtout dans certaines zones, en particulier les zones rurales, il y a encore des problèmes », indique le Premier ministre Joseph Dion Ngute

Pour Esther Omam, directrice exécutive de l’ONG Reach Out Cameroon, les efforts collectifs doivent se faire, à tous les niveaux, pour une paix durable dans l’Ouest. « Il faut des efforts collectifs et des efforts concertés pour qu’on unisse les voix et que l’on recherche les voies de la paix. Ces voies de la paix, nous devons les chercher dans la complémentarité de nos actions et dans les dialogues communautaires, à partir du (petit) peuple jusqu’à arriver au haut niveau », indique Esther Omam.

« Le dialogue doit être maintenu afin que nous arrivions tous à un consensus »

Joint par RFI, l’archevêque de Bamenda, Andrew Nkea, a réitéré la nécessité d’un dialogue continu et inconditionnel pour rétablir la normalité dans l’ouest du Cameroun.

« Nous nous sommes réunis en 2019 pour le Grand dialogue national. C’était un événement ! Les discussions doivent se poursuivent avec nos frères et nos sœurs qui ont des positions différentes des nôtres. Nous devons les rencontrer sur le terrain, nous devons aussi parler avec la diaspora, même si nos idées s’opposent. Le dialogue doit être maintenu afin que nous arrivions tous à un consensus et déterminer ensemble la voie que nous voulons suivre. Donc pour nous, la mise en œuvre des recommandations du dialogue sont des mesures stratégiques et administratives pour mettre fin au conflit. Quelle que soit la médiation entre les parties, elle doit mener à un accord et nous devons écarter les motivations personnelles et les idées reçues », a-t-il insisté.

Malgré tout, le climat sécuritaire reste instable, surtout dans les zones rurales, avec des barrages routiers, des « villes fantômes » et des affrontements sporadiques entre les forces gouvernementales et les séparatistes.

Les efforts diplomatiques ont tous échoué. Le dernier, soutenu par le Canada -Ottawa affirmait avoir été mandaté dans le conflit qui endeuille depuis 2017 les deux régions à majorité anglophone du Cameroun, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest- date de janvier dernier mais il a été rejeté par Yaoundé.

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