Mali Actu – Le football féminin au Maroc : Inspirées par les exploits des Lionnes de l’Atlas, les jeunes Marocaines s’engagent avec passion

Les Lionnes de l’Atlas.
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Rabab prédit : ‘Elles se débrouillent aussi bien que les hommes.’ De plus en plus de jeunes Marocaines se passionnent pour le football, motivées par le parcours des Lionnes de l’Atlas. Lors de leur première participation à la Coupe du Monde féminine, elles ambitionnent de reproduire l’exploit de l’équipe masculine lors du Mondial au Qatar.

Sur le terrain de l’école de football du club de quartier Avadas, situé dans la périphérie de la métropole Casablanca, une douzaine de collégiennes s’échauffent en écoutant attentivement leur entraîneur, Mohamed Jidi. Rabab Tougha, 14 ans, déclare après l’entraînement : ‘Je me débarrasse des ondes négatives en jouant au ballon, je me sens bien. Ce sport me donne confiance en moi.’ Elle ambitionne de devenir internationale, notamment après l’exploit des Lionnes de l’Atlas, confie-t-elle à l’AFP.

L’équipe féminine a réalisé un beau parcours lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations (CAN) au Maroc en juillet 2022, s’inclinant en finale face à l’Afrique du Sud (2-1) devant plus de 50 000 spectateurs. ‘Elles ne ménagent pas leurs efforts pour représenter au mieux le Maroc. Nous sommes fiers d’elles’, renchérit Malak El Messaouri, 15 ans, pour qui le football est ‘sa seule échappatoire’. Cette passion est également alimentée par l’épopée historique de l’équipe masculine au Qatar en décembre, devenue la première équipe africaine et arabe à se qualifier pour les demi-finales d’une Coupe du Monde.

La preuve en est que dix adhérentes étaient inscrites à la dernière école de formation Avadas destinée aux jeunes, souvent issus de familles défavorisées. Aujourd’hui, elles sont plus de cinquante. ‘Les exploits des équipes masculine et féminine ont motivé les filles à se former au football’, souligne Mohamed Jidi, leur entraîneur de 63 ans. ‘L’impact est réel. Au sein du club, nous avions une fille qui pratiquait le rugby, d’autres qui faisaient du basket ou de l’athlétisme. Mais elles ont eu envie de faire du football, elles se disent qu’elles ont un avenir’, témoigne-t-il.

Dans ce royaume fanatique du ballon rond, la renommée des Lions de l’Atlas alimente l’enthousiasme pour l’équipe nationale féminine. Houda Khalti, 16 ans, fan de la gardienne marocaine Khadija Er-Rmichi, estime que ‘l’équipe masculine ne s’est jamais dit qu’il était difficile d’atteindre les demi-finales d’une Coupe du Monde. Ils se sont fixés un objectif et l’ont atteint’. Rabab affirme quant à elle que ‘sans l’exploit des Lions de l’Atlas, la participation de l’équipe féminine à la Coupe du Monde aurait pu passer inaperçue, car le Maroc n’avait jamais atteint un tel niveau’. Elle ajoute : ‘Ce succès nourrit notre confiance en elles’ à l’approche du tournoi qui se déroule à partir du 20 juillet en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Les Marocaines affronteront les Allemandes, doubles championnes du monde, les Sud-Coréennes et les Colombiennes. ‘Les supporters marocains ont une passion incroyable pour le football, tout comme nous, les joueuses et les joueurs. Nous allons donc tout faire pour leur donner du plaisir’, promet Ghizlane Chebbak, capitaine des Lionnes de l’Atlas, dans une interview publiée sur le site de la FIFA. Elle affirme également : ‘L’équipe masculine nous a montré que rien n’était impossible si on se battait et si on restait concentrées’.

Si le football féminin commence à bénéficier d’une certaine popularité au Maroc aujourd’hui, c’est grâce à une stratégie de développement mise en place en 2020. ‘La Fédération a investi dans le football féminin. Depuis, les mentalités ont changé, il y a un intérêt et une évolution palpables’, explique Khadija Illa, présidente de la Ligue féminine. Depuis 2021, le royaume dispose de deux divisions professionnelles avec un total de 42 clubs s’engageant à former des équipes de moins de 17 et 15 ans. La Fédération royale marocaine de football (FRMF) prend en charge 70 % des dépenses de chaque club, notamment les salaires des joueuses qui gagnent un minimum de 3 500 dirhams (330 euros) par mois en première division et 2 500 dirhams (230 euros) en deuxième division, ce qui est supérieur au salaire moyen mensuel au Maroc de 360 euros.

‘Le succès repose sur une politique sportive efficace et une aide financière. Plus vous y investissez, plus vous avez des résultats’, commente Khadija Illa, ancienne joueuse professionnelle. Dès l’année prochaine, le Maroc souhaite accélérer la formation pour atteindre 90 000 joueuses de football et 10 000 entraîneurs.

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