MIGRATION : Lancement officiel de la 3ème Phase du projet Equipe Conjointe d’Investigation Niger (ECI-Niger) financée à hauteur de 8,5 milliards FCFA par l’Union Européenne

Niamey – Mardi 27 Juin 2023 : En début d’après midi, à l’hôtel Radisson Blu de Niamey, le Directeur Général Adjoint de la Police Nationale du Niger, l’Inspecteur Général de Police Assahaba Ebankawel a procédé au lancement officiel de la troisième phase du projet Equipe Conjointe d’Investigation Niger (ECI-Niger). Peu avant la cérémonie de lancement, s’est tenue la réunion du Comité de Pilotage de l’exercice précédent de ce projet novateur qui a pour mission principale de lutter contre les réseaux criminels liés à l’immigration irrégulière, à la traite des êtres humains et le trafic des migrants. En outre, Le Projet ECI-Niger vise le renforcement des capacités de la police nigérienne en matière de lutte contre l’immigration irrégulière, la fraude documentaire, le trafic et la traite d’êtres humains en vue de consolider la protection des victimes potentielles des réseaux criminels et améliorer la gestion policière des frontières.

Comme les deux précédentes phases, la Phase 3 du projet ECI-Niger est financée par l’Union Européenne (UE) mais pour un coût global estimé à 13 millions d’euros, soit plus de 8,5 milliards de FCFA sur une période de 5 ans. A comprendre les autorités de la police nationale du Niger, la reconduction de ce projet se traduit par sa contribution énorme à l’application de l’ordonnance 2010-86 du 16 novembre 2010, relative à la lutte contre la traite des personnes et de la loi N°2015-36 du 26 Mai 2015 relative au trafic illicite de migrants adoptées par l’État du Niger du fait qu’elles permettent de prendre des mesures contraignantes face aux phénomènes liés à la migration irrégulière.

Du reste, la réunion du Comité de pilotage qui s’est tenue peu avant le lancement de la Phase 3 a planché sur les résultats significatifs obtenus par le projet ECI-Niger et les perspectives. Au plan opérationnel, le Directeur de la Surveillance du Territoire (DST), Alpha Abdourahamane a mentionné les résultats suivants : 858 personne interpellées, mises en cause pour leur implication présumée dans la traite d’êtres humains, le trafic de migrants et la fraude documentaire ; 339 procédures judiciaires traitées de trafics illicites de migrants ; 49 procédures judiciaires traitées de trafics d’êtres humains et 88 procédures judiciaires traitées de trafics documentaires. A ces résultats, dit-il, s’ajoutent d’importants autres acquis illustrés par la réduction des flux migratoires. Ce qui dénote, selon lui, de la bonne collaboration entre les unités policières du Niger, de la France et de l’Espagne.

En termes de perspectives, la 3ème phase mettra l’accent sur le renforcement de la coopération policière à travers les entités déconcentrées de la DST plus précisément de la division des investigations spéciales. Il s’agit d’étendre la couverture géographique du Projet ECI Niger dans sa lutte contre le trafic illicite de migrants et la traite d’êtres humains au Niger, d’assurer le renforcement des équipes dans des zones stratégiques comme Agadez et Zinder et des activités de sensibilisation à d’autres pays de la sous-région. Enfin, la 3me phase ambitionne surtout la coopération avec d’autres partenaires dont EUCAP-Sahel, Organisation Internationale des Migrations (OIM), CIVI/Pol, FRONTEX etc.

L’ancrage opérationnel du Projet ECI-Niger est la Division des Investigations Spéciales (DIS) de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST). A la phase 1et 2, le projet a appuyé les antennes de la DST de Niamey, d’Agadez, de Tahoua et de Zinder et notamment leurs services à Konni, Arlit, Maradi et Gaya de façon permanente et ponctuelle à travers diverses actions dont la formation.

Créée à la fin de l’année 2016, rappelle-t-on, l’Equipe Conjointe d’Investigation (ECI-Niger)  regroupe en son sein des fonctionnaires de la police du Niger, de France et d’Espagne. Elle est coordonnée par la Fondation internationale et ibéro américaine pour l’administration et les politiques publiques (FIIAPP) basée à Madrid en Espagne. Aussi, elle constitue une des réponses alternatives du Niger et de ses partenaires dont l’Union Européenne (UE), aux flux migratoires irréguliers et enjeux connexes. Au vue de ses résultats, le Projet ECI – Niger est un modèle solide et très efficace de coopération policière pour lutter contre les réseaux criminels liés à la traite des êtres humains, au trafic illicite de migrants et à la fraude documentaire.

Abdoulaye Abdourahamane Ahamadou / NIAMEY SOIR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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