Niger : des compagnies aériennes décident de ne plus embarquer de Français vers Niamey

Les liens entre la France et le Niger continuent de se déchirer. Des compagnies aériennes desservant Niamey, capitale du pays d’Afrique de l’Ouest, ont décidé de ne plus embarquer de passagers Français vers cette destination, a appris mercredi l’AFP de sources aéroportuaires.

« Selon les autorités nigériennes, tout passager de nationalité française n’est plus autorisé à rentrer sur le territoire nigérien, par conséquent ces derniers ne seront plus acceptés sur nos vols sur cette destination », indique une note interne d’Air Burkina consultée par l’AFP. Dans un communiqué publié mercredi soir la compagnie burkinabè affirme que « cette note n’émane pas » d’elle et qu’elle « ne saurait être tenue pour responsable des conséquences éventuelles qui pourraient en découler ». Le texte ne dit rien sur l’embarquement ou non de ressortissants français.

Une source proche de la compagnie Royal Air Maroc (RAM) a indiqué que « les passagers français à destination de Niamey ne peuvent plus embarquer à bord » des avions de la RAM, « sans autorisation spéciale des autorités nigériennes et ce depuis près d’une semaine ». D’autres compagnies desservant Niamey, comme Ethiopian Airlines, Asky, Air Tunisie et Turkish Airlines, n’ont pas répondu dans un premier temps à la question de savoir si elles continuaient à embarquer des ressortissants français vers le Niger.

Des Français refoulés à Niamey

Également interrogées, les autorités nigériennes n’ont pour l’instant pas confirmé que les Français souhaitant ou devant venir à Niamey étaient désormais persona non grata sur leur territoire. Plusieurs Français ont récemment été refoulés à leur arrivée à l’aéroport de Niamey, selon des sources aéroportuaires.

Le divorce entre la France et le Niger a débuté avec l’arrivée au pouvoir des généraux à Niamey, lors d’un coup d’État le 26 juillet. Les militaires au pouvoir avaient rapidement exigé le départ des soldats français – environ 1 500 déployés pour lutter contre les djihadistes – et dénoncé plusieurs accords militaires conclus avec Paris. L’ambassadeur français Sylvain Itté avait, lui, quitté le pays fin septembre.

Ambassade fermée

Enfin, en décembre, la France a décidé de fermer son ambassade. « Elle n’est plus en capacité de fonctionner normalement ni d’assurer ses missions », avait justifié des sources diplomatiques. Elle est officiellement close « jusqu’à nouvel ordre » depuis le 2 janvier. L’ambassade poursuivra ses activités depuis Paris, avait annoncé le ministère des Affaires étrangères français.

Après le coup d’État du 26 juillet, les militaires au pouvoir avaient rapidement exigé le départ des soldats français – environ 1 500 déployés pour lutter contre les djihadistes – et dénoncé plusieurs accords militaires conclus avec Paris. Le régime militaire avait aussi prononcé fin août l’expulsion de l’ambassadeur de France Sylvain Itté. Celui-ci était resté près d’un mois coincé à l’intérieur de la représentation diplomatique avant de la quitter sur décision du président Emmanuel Macron qui avait ordonné qu’il reste en place après le coup d’État.

Le journal français le Canard enchaîné a évoqué un veto du ministère français des Affaires étrangères à la parution d’un livre de Sylvain Itté, qui, selon une source diplomatique, aurait pu « être préjudiciable à nos intérêts de sécurité ». Depuis le départ de la France, le Niger – comme le Mali et le Burkina Faso voisins également dirigés par des militaires issus de coups d’État et confrontés à la violence djihadiste – se sont rapprochés d’autres partenaires, dont la Russie.

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