Le trio de chercheurs français parvient à identifier cette molécule chargée de transmettre à chaque cellule le bon code génétique. La découverte leur vaut le Nobel de médecine en 1965. Mais à cette époque, on était encore loin d’en faire un traitement. Pendant les années 1970, une équipe de recherche insère pour la première fois de l’ARN messager à des cellules in vitro et réussi à leur faire produire des protéines. L’expérience est menée sur des animaux, en l’occurrence des souris, une dizaine d’années plus tard. Mais la recherche se heurte à deux grandes difficultés. D’une part, les cellules acceptaient mal l’ARN messager de synthèse, avec potentiellement une réponse immunitaire aux effets désastreux. De l’autre, l’ARN messager est, à la différence de l’ADN, très instable, ce qui rend difficile de l’insérer sans qu’il connaisse de modification.
À la fin des années 1990, Katalin Kariko et Drew Weissmann, qui sont tous deux chercheurs à l’école de médecine de l’Université de Pennsylvanie aux États-Unis, font une découverte cruciale. Ils parviennent finalement à démontrer que les cellules acceptaient sans problème une version légèrement modifiée de l’ARN messager. « Les scientifiques français […] ont été les premiers à évoquer un vaccin à base d’ARN en 1993. Mais ils n’ont sans doute pas eu les fonds nécessaires pour aller au bout de leur idée », expliquait la biochimiste hongroise, dans un reportage du 20H de TF1 diffusé en 2021. Les deux scientifiques décrivent la méthode en 2005 dans un article publié dans la revue médicale Immunity. À cette époque, ils ne pouvaient imaginer le retentissement qu’allait avoir leur découverte quelques années plus tard.
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