Une délégation de la Caricom [Communauté des Caraïbes, NDLR] arrive ce lundi 4 septembre à Port-au-Prince. Il s’agira d’une ultime tentative des médiateurs de cette organisation régionale des Caraïbes pour obtenir un accord entre les acteurs politiques en Haïti. Le Nouvelliste rappelle aujourd’hui que cette visite de la Caricom « intervient dans un contexte de mobilisation sur la scène internationale pour trouver une solution à la crise sécuritaire. Si le secrétaire général de l’ONU, les États-Unis, l’Équateur ou encore le Canada proposent l’envoi d’une force internationale de maintien de la paix, ils souhaitent néanmoins un accord politique ». Cette médiation est la suite des négociations qui se sont tenues en juin en Jamaïque, sans avancées notables. Selon Le Nouvelliste, deux blocs continuent de se faire face : d’un côté le gouvernement d’Ariel Henry et ses alliés, de l’autre ses opposants, dont les signataires de l’accord de Montana. Jacques Ted Saint Dic en fait partie. Il assure que son groupe est prêt à participer au dialogue, mais il se dit guère optimiste.
« Les gangs occupent de plus en plus d’espace géographique. Il y a beaucoup plus de morts, d’assassinats. Il y a beaucoup plus d’enlèvements. Et en même temps, il n’y a aucune réponse étatique, aucune réponse du gouvernement face à cette situation-là. Même pas un communiqué de presse disant que le pouvoir prend en compte la situation ou que le pouvoir annonce des mesures pour en sortir. Au contraire, c’est le silence complet. Et des avancées des gangs se précisent chaque jour », dénonce Jacques Ted Saint Dic au micro d’Aabla Jounaïdi du service international de RFI. « On va pouvoir dire comment sortir de là : il faut casser le cercle ! Il faut privilégier la vie des Haïtiens ! Il faut privilégier l’intérêt national ! Dans ce cadre-là, il y a certainement moyen de discuter si les honorables délégués de la Caricom acceptent de comprendre qu’il ne faut pas venir simplement dans l’idée de conforter le pouvoir, de garder [le Premier ministre] Ariel Henry au pouvoir et de laisser le pays souffrir dans cette situation d’insécurité totale ».
Le site d’information Ayiboposta envoyé deux de ces photojournalistes, David Lorens Mentor et Jean Feguens Regale, dans les rues de Port-au-Prince pour photographier les zones sous l’emprise des gangs. Ces images rares permettent une plongée visuelle dans la réalité de la capitale haïtienne.
Guatemala : le Tribunal suprême électoral suspend la disqualification du parti du président élu
Samedi 2 et dimanche 3 septembre, des milliers de personnes sont descendues dans les rues du Guatemala pour soutenir leur président élu. Le social-démocrate Bernardo Arévalo avait dénoncé un coup d’État institutionnel. Vendredi, une sous-section du Tribunal suprême électoral avait suspendu, à la demande de procureurs, le parti de Bernardo Arévalo, Semilla, pour des supposées irrégularités au moment de sa création en 2017, rappelle El Pais. Le président élu, qui doit sa large victoire notamment à son programme anti-corruption, avait accusé des haut-fonctionnaires dans l’appareil judiciaire et autres institutions de tout faire pour l’empêcher d’accéder à la présidence, en janvier prochain, écrit le journal.
Et c’est dans ce contexte tendu que le Tribunal suprême électoral a finalement temporairement levé, dimanche soir, la disqualification du parti Semilla. Pour l’autorité électorale, « Bernardo Arévalo et sa vice-présidente doivent assumer leurs fonctions à partir du 14 janvier 2024 afin de garantir la démocratie selon la volonté du peuple guatémaltèque », rapporte La Hora. Le quotidien Prensa Libre se félicite de cette volte-face du Tribunal suprême électoral, mais reste sur ses gardes : « La communauté internationale nous a à l’œil. Tout manœuvre juridique qui porte un coup à nos institutions est inacceptable et constitue un délit ». Mais l’éditorialiste estime aussi que les agissements contre Bernardo Arévalo ternissent l’image de la fiabilité du Guatemala pour des investisseurs étrangers. Le pays en a pourtant besoin pour sortir de la pauvreté. Et Prensa Libre de conclure : « Tout fonctionnaire dont l’étroitesse d’esprit porte atteinte à la démocratie doit être tenu pour responsable. »
Mexique : la sénatrice de droite, Xochitl Galvez, candidate unique de l’opposition à la présidentielle de 2024
Au Mexique, c’est officiel : à l’élection présidentielle de l’année prochaine, l’opposition sera représentée par une candidate unique, la sénatrice de droite Xochitl Galvez. Cette cheffe d’entreprise d’origine indigène, âgée de 60 ans, a promis « l’unité » du Frente amplio, la coalition des trois principaux partis d’opposition, et a annoncé ce que sera la maxime de son éventuel gouvernement : « Ne pas diviser, ne pas offenser et ne pas tromper le peuple », écrit El Universal. Adepte du franc-parler, « Xochitl Galvez a réaffirmé que si elle remportait la présidence, il n’y aurait « ni idiots, ni rats, ni trous du cul » dans son cabinet ».
Le journal Milenio rapporte des scènes de joie dans plusieurs villes du pays à l’officialisation de la candidature de Xochitl Galvez. Cette femme a réussi la prouesse de réveiller une opposition mal en point après cinq années passées sous le règne du président sortant Andres Manuel Lopez Obrador et de son parti, Morena. Justement, Morena aussi tient ses primaires en ce moment. Et là encore, c’est une femme qui pourrait bien remporter la mise. Il s’agit de l’ancienne maire de Mexico, Claudia Sheinbaum. Le résultat des primaires de Morena sera connu ce mercredi.
États-Unis : les autorités s’inquiètent des décès dus à la chaleur extrême
« En 2022, 1 670 personnes sont mortes en raison de la chaleur, le taux le plus élevé depuis au moins deux décennies », rapporte le Los Angeles Times. « Les données de cette année, qui a été exceptionnellement chaude dans une grande partie du pays, ne sont pas encore disponibles », mais déjà, on craint le pire.
Le journal Arizona Republic tire également la sonnette d’alarme : dans cet État désertique du sud, « les travailleurs agricoles risquent leur vie. Ils n’ont pas droit à des pauses rémunérées pour se mettre à l’ombre et s’hydrater. Syndicats et plusieurs élus appellent à un changement urgent de la loi du travail ».
Crédit: Lien source


Les commentaires sont fermés.