On a rencontré un patron d’écurie heureux avant le départ de l’Africa Eco Race à Monaco

Il a mis le Dakar entre parenthèses pour retourner à… Dakar. Vendredi prochain, jour du top départ en Arabie saoudite, David Casteu ne montera pas dans la caravane du roi des rallyes-raids comme chaque hiver depuis près d’un quart de siècle (2002).

D’abord parce que l’ancien as du guidon, 2e de l’édition 2007 – la dernière courue sur le sol africain -, ne porte plus la casquette de team manager de la firme moto française Sherco. « Cette expérience longue de six ans m’a fait grandir. On est parti de rien, on a progressé avec peu de moyens. Je garde des bons souvenirs et des liens forts avec les pilotes. Voilà, ça s’est arrêté à cause du manque de reconnaissance. Et puis j’avais fait le tour de la question ».

Ce samedi soir, vers 19h, à Monaco, sur le podium planté quai Antoine Ier, traditionnelle rampe de lancement de l’Africa Eco Race, c’est uniquement en tant que patron du team Casteu Aventures que le natif de Nice vivant à Tanneron larguera les amarres. Cap sur le Sénégal, sa capitale et son fameux lac Rose où la 15e ligne du palmarès sera gravée dans le marbre dimanche 14 janvier après 12 étapes.

« Si je passe beaucoup de temps au Maroc, notamment dans les dunes de Merzouga (le terrain de jeu du Casteu Trophy qu’il orchestrera une 5e fois du 19 au 23 mars… avec d’ores et déjà 120 motards engagés, ndlr), je n’ai pas remis les pieds à Dakar ni en Mauritanie depuis 2007. Avec les sept personnes composant mon staff, nous sommes super excités de découvrir cette épreuve. D’autant que nous débarquons en force. Cinq véhicules inscrits dans trois catégories, c’est pas mal, non? »

La structure désormais installée dans un atelier flambant neuf, chez lui, là-haut, sur sa colline, à quelques encablures du lac de Saint-Cassien, aligne en effet deux motos, la KTM du Suisse Alexandre Vaudan et l’Husquvarna du Franco-Marocain Guillaume Borne, un SSV, le Can-Am du Franco-Allemand Heathcliff Zingraf, ainsi que deux superbes Mitsubishi Pajero cravachés naguère par des vainqueurs du Dakar, Jutta Kleinshmidt (2001) et Luc Alphand (2006).

« Là, ils sont pilotés par Peter Brabeck (un gentleman driver autrichien, ancien PDG de la multinationale Nestlé) et son fils Andres. À 78 ans, Peter s’entraîne comme un dingue. Une machine! Après deux Dakar, il voulait voir autre chose. L’instauration d’une catégorie Classic à l’Africa Eco Race tombait donc à pic. Il nous a convaincus de changer de cap. »

De quoi offrir au patron puissance 3 un retour vers le futur qu’il va savourer comme il se doit. À fond!

Et ensuite? Sept ans après avoir tiré sa révérence à l’arrivée du Dakar 2016, David Casteu va replonger dans le grand bain de la compétition.

« Ce n’était qu’un au revoir », annonce le champion du monde 2010 des rallyes tout terrain 450 cc. « Je soufflerai bientôt mes 50 bougies (le 9 avril). Autant psychologiquement que physiquement, j’ai besoin d’un challenge personnel. J’ai envie de retrouver mon univers sans la pression de la gagne. Ces moments de solitude sous le casque, en tête à tête avec le désert, me manquent trop! »

L’entraînement va crescendo. « J’ai déjà perdu 15 kilos… »

Pas question d’y aller la fleur au fusil! « L’an prochain, sans doute au guidon d’une KTM, je vais disputer trois manches du W2RC: Transibérico, Desafio Ruta 40, Rallye du Maroc. Et aussi la Baja España ».

Avec en ligne de mire le Dakar 2025 où le revenant visera le top 3 de la catégorie Rally2.

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