« On relativise nos petits malheurs de nantis » : De l’Yonne au Bénin, ils sont Électriciens sans frontières

Habitant et conseiller municipal de Quarré-les-Tombes, Patrick Truchot est responsable opérationnel du projet Café lumière au Bénin, pour l’ONG Électriciens sans frontières. Après une carrière bien remplie, il a décidé, une fois en retraite, de mettre son expérience au service des plus démunis, avec Pascal Pronot, habitant de Venoy.

Les deux Icaunais se sont rencontrés il y a trois ans lors d’un salon de l’éclairage public où Patrick Truchot était venu en tant que représentant de sa mairie, et Pascal Pronot pour présenter l’ONG.  « Pascal et les responsables d’ESF ont su se montrer convaincants pour m’enrôler, surtout quand j’ai dit que je connaissais le Bénin, mon ex-femme y étant née », sourit Patrick Truchot.

De l’électricité pour 30.000 personnes

Le projet Café lumière au Bénin est né de la sollicitation en 2015 de la délégation alsacienne de ESF par Sonagnon, une association béninoise qui œuvre pour l’accès à l’eau potable dans les villages lacustres du lac Nokou. Il va impacter la vie de 30.000 personnes. La délégation Bourgogne Franche-Comté est venue prêter main-forte pour le réaliser ce projet. En pratique, une plateforme d’environ 200 m² est équipée d’une centrale photovoltaïque produisant 20 kw crête. Un mini-réseau en étoile permet d’apporter l’énergie gratuitement aux établissements publics de chaque village (dispensaire, école publique, administrations…).

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L’originalité du concept tient à ce que le surplus d’énergie est mis à disposition d’un délégataire, moyennant rétribution, pour faire du développement économique. « L’idée est de développer une maison des services, explique Pascal Pronot. On pourra y recharger son portable, faire des photocopies, de la couture… ou tout autre service marchand, en fonction des besoins de la population. Ce qui a été installé en premier dans la première plateforme est un congélateur pour permettre de garder les poissons du lac?! »

Relativiser

Le projet Café Lumière, dont les installations sont garanties dix ans par ESF, fait collaborer plusieurs échelons : l’État, maître d’ouvrage, qui nomme un régulateur, la commune qui choisit un délégataire exploitant, ESF accompagnant la maîtrise d’ouvrage et tous les acteurs locaux. « ESF peut ensuite monitorer à distance les installations grâce à l’informatique, et apporter des améliorations, car la technologie évolue en permanence, comme les batteries qui ont fait des progrès énormes. »

Le travail d’ESF consiste aussi à former des gens sur place pour assurer la pérennité des installations :

Les villageois découvrent l’électricité. Ne l’ayant jamais eue, ils n’en connaissent pas les dangers. » 

Il mesure pleinement tout ce que lui apporte son engagement béninois avec ESF : « L’accueil des gens là-bas, leur gentillesse, leur reconnaissance, ça n’a pas de prix. C’est du développement personnel aussi?; on reste utile, on rencontre des gens formidables, on continue à se former aux techniques nouvelles, à garder l’esprit curieux… Et à relativiser aussi nos petits malheurs de nantis : si ma porte de garage électrifiée est en panne, je pense à ceux là-bas qui n’ont même pas d’électricité pour s’éclairer… Je redescends sur terre immédiatement. »

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La rédaction

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