Situé à la lisière de Cap-d’Ail, à l’entrée ouest de la Principauté de Monaco, l’îlot Charles-III demeure la dernière vaste surface d’urbanisation à construire héritée par l’État monégasque après la mise en souterrain de la voie ferrée dans les années quatre-vingt-dix. Sur ce que l’on appelle plus communément les « délaissés SNCF », le gouvernement princier prévoit d’ériger un socle dont le coût est estimé peu ou prou à 800 millions d’euros dans le prochain plan triennal d’équipements publics 2024-2025-2026.
« Le socle inclut deux autres projets, certes, mais avec la future usine de traitement de déchets [655 millions d’euros, N.D.L.R.], cela fera près d’1,5 milliard d’euros au total. C’est excessivement cher, a estimé l’élu Christophe Brico durant la séance publique au Conseil national, consacrée au budget rectificatif 2023. Il faut avoir les moyens de nos ambitions et les ambitions de nos moyens. »
En réponse, Céline Caron-Dagioni, conseiller de gouvernement-ministre de l’Équipement, de l’Environnement et de l’Urbanisme a précisé la stratégie gouvernementale sur ce site éminemment stratégique: « Ce socle, ce n’est rien d’autre qu’un bâtiment de six étages dans lequel on va générer 50.000m² de surface constructible. C’est coûteux, très certainement, mais ces surfaces seront valorisées. »
Seront créés, entre autres, le futur centre de tri et de valorisation des déchets (Symbiose), une déchetterie, une zone de séchage thermique pour les boues, une gare de transport propre mais aussi un centre de distribution urbaine pour optimiser les livraisons de colis en Principauté.
« Cela évitera d’avoir, dans cette livraison au dernier kilomètre, 25 camions qui se baladent en ville pour des petits colis ». Sur ce socle seront construites trois tours: l’une dévolue au projet Symbiose et deux autres destinées à « créer de la surface commercialisable, locative et, donc, productive. » Sous-entendu, cela permettra d’amortir financièrement l’investissement sur le long terme.
Le projet du socle est, toutefois susceptible d’évoluer puisque le service des Travaux publics doit émettre de nouvelles propositions à Céline Caron-Dagioni.
« Oublie-t-on certaines fonctionnalités? Et si tel est le cas, combien d’économies faisons-nous dans le budget et quelles en sont les conséquences? », a résumé Céline Caron-Dagioni.
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