La situation difficile d’Orano au Niger ne s’améliore pas. Dans le nord du pays, l’usine de concentré d’uranium de La Somaïr, la filiale que le groupe français détient à 64% au côté de l’État nigérien, est en «grande difficulté financière», ont déclaré des représentants du groupe mardi 9 juillet. Depuis le coup d’État du général Abdourahamane Tiani, il y a un an, cet actif d’Orano est quasiment à l’arrêt, touché par un manque d’intrants persistant. Il a pu redémarrer à vitesse réduite en février dernier et depuis, quelque 450 tonnes de concentré d’uranium ont pu être produites, explique un porte-parole du groupe à L’Usine Nouvelle. Mais «la situation financière reste très délicate, car si la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest [Cedeao] a levé ses sanctions, le Niger maintient ses frontières fermées, ce qui empêche toute commercialisation de sa production».
Risque de mise en sommeil
Le groupe français sonne donc l’alerte pour le site, qui compte 700 salariés et autant de sous-traitants. Pour parer au «maintien de l’outil industriel et du paiement des salaires», le groupe a pour l’instant «vendu des stocks localisés en France, dédiés à financer le réaménagement du site en fin de vie», justifie un porte-parole du groupe. Mais sans solution d’exportation «dans les prochains mois» – par exemple en envoyant l’uranium par avion vers la France ou la Namibie voisine, a proposé Orano – le groupe devrait bientôt mettre en place «des mesures de réduction d’activité progressives, pouvant aller jusqu’à l’arrêt de l’activité du site». C’est-à-dire sa mise en sommeil.
Cet ultimatum d’Orano acte l’échec, jusqu’à présent, des discussions avec le nouveau gouvernement nigerien. Niamey fait de la souveraineté dans les ressources minérales – et notamment dans l’uranium, dont le Niger est le septième producteur mondial – un axe fort, et a retiré ces dernières semaines les permis liés à des projets de nouvelles mines qui étaient portés par le français Orano à Imouraren, et le canadien GoviEx à Madaouéla. En 2023, Orano n’avait produit que 1130 tonnes d’uranium naturel au Niger pour une capacité normale de 2000 tonnes. La même année, le groupe avait produit un peu plus de 7000 tonnes d’uranium naturel, notamment au Kazakhstan et au Canada, où les mines qu’il possède en coentreprise avec le géant Cameco montent en puissance. Le groupe français porte aussi un grand projet en Mongolie, et attend l’octroi de permis par Oulan-Bator. L’approvisionnement en combustible nucléaire de la France, qui compte sur des fournisseurs diversifiés et d’importants stocks, n’est pas en danger.
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