Orano continue d’extraire de l’uranium au Niger

Malgré le coup d’Etat fin juillet au Niger, le groupe Orano (ex-Areva) continue d’extraire de l’uranium dans le nord du pays. « Ce matin, nos salariés sont allés sur le site et il n’y a pas eu de problème […] les activités se poursuivent », indiquait un porte-parole du groupe à l’AFP au lendemain du putsch.

« Les activités opérationnelles se poursuivent. La présence des expatriés ne conditionne pas la continuité des activités. Pour rappel, 99 % de collaborateurs sont nigériens », a indiqué Orano dans un communiqué.

La sécurité des collaborateurs « continue d’être assurée », a ajouté le groupe qui reste très marqué par la prise d’otage de 2010 à Arlit. Quatre salariés d’Areva ont été maintenus en captivité pendant trois ans par des djihadistes.

Aucune incidence

Jour après jour, le groupe s’efforce de se montrer rassurant. « La crise actuelle n’a aucune incidence de court terme sur les capacités de livraison d’Orano à la France et à ses clients internationaux », a précisé lundi à l’AFP la direction du groupe.

Présent dans le pays depuis une cinquantaine d’années, Orano a également tenu à relativiser sa dépendance au Niger en vantant « une production et des projets en développement sur […] quatre continents ». Depuis quelques années, le groupe s’est en effet déployé au Canada et au Kazakhstan.

Les putschistes, emmenés par le général Omar Tchiani, auraient fait savoir qu’ils entendaient interdire toute exportation d’or et d’uranium vers la France. « Effets de manche », souffle un observateur.

Si le métal ne pouvait plus être envoyé vers la France pour y être traité avant d’être revendu à un autre client, les exportations s’arrêteraient net. L’uranium est la première source en devises étrangères, juste devant le pétrole. Des devises dont le Niger ne peut pas se passer.

Dans la région, deux autres pays ont basculé vers ce type de régime au discours anti-français et pro-russe : le Mali et le Burkina Faso. La présence industrielle française n’y a pas été affectée pour autant.

Incertitudes technologiques

A plus long terme, la situation actuelle pourrait toutefois accélérer une décision du groupe minier quant à sa présence dans le pays. En raison de coûts de production élevés, deux fois plus qu’au Kazakhstan dit-on, Orano s’interroge sur l’avenir de ses activités au Niger une fois la mine de Somaïr épuisée, ce qui devrait arriver d’ici à la fin de la décennie.

Orano a identifié un gisement exceptionnel sur le site d’Imouraren. Qualifié parfois de « mine du siècle », il permettrait de couvrir jusqu’à trois années de la consommation mondiale d’uranium. Mais la teneur y est trop faible pour l’exploiter de manière conventionnelle, à ciel ouvert.

Pour l’exploitation, il faudrait passer par la technologie d’In situ Recovery (ISR). Il s’agit d’injecter une solution d’eau et d’acides qui va capter le métal, puis de pomper un peu plus loin. Cette technique est très répandue au Kazakhstan et au Canada mais n’a encore jamais été utilisée en Afrique. Par ailleurs, il faut s’assurer que les poches d’uranium soient parfaitement étanches des nappes phréatiques, ce qui n’a pas encore été prouvé pour le site d’Imouraren.

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