Pas de combat contre la pauvreté sans souveraineté alimentaire, croit Oxfam-Québec

Ce texte fait partie du cahier spécial Solidarité internationale

Dans son combat contre la pauvreté mondiale, Oxfam-Québec s’implique activement dans la vitalité de l’autonomie alimentaire.

Entre autres initiatives destinées à atteindre la souveraineté alimentaire, Oxfam-Québec conduit présentement le projet Kafe Makaya, visant à relancer la production caféière en Haïti, laquelle connaît « une baisse intense depuis les années 1980 », précise Anselme Guézodjè, chargé de programme chez Oxfam.

Financé à hauteur d’environ 14 millions de dollars sur une période de cinq ans par le gouvernement canadien, le programme Kafe Makaya — implanté en 2019, ralenti par la pandémie de COVID-19 et l’instabilité sociale dans le pays, puis officiellement relancé depuis 2021 — propose formations, accompagnement et soutien technique aux coopératives pour dynamiser la production de café, ainsi que des cultures connexes.

« Nous avons intégré le volet agriculture et mettons en place, dans les communautés que nous couvrons, des champs de culture de produits agricoles ou maraîchers, comme les légumes, les choux, le manioc. Les producteurs profitent ainsi de la culture caféière pour développer l’agriculture en tant que telle », explique M. Guézodjè.

Changements climatiques

D’autres campagnes d’Oxfam, notamment au Burkina Faso et au Bénin, promeuvent l’agriculture résiliente au climat ou l’adaptation de petites exploitations agricoles aux changements climatiques, ceux-ci affectant fortement le rythme spontané de la nature, partout sur la planète.

Par exemple, Haïti a été victime, en début d’année, d’une sécheresse inhabituelle, et a reçu en juin, « de façon catastrophique », sous forme d’inondations et d’éboulements, la pluie normalement attendue jusqu’en avril. « Toute la production agricole a été menacée, et cela a eu un impact sur les récoltes », explique Anselme Guézodjè.

Au Nigeria, pendant six ans, l’organisation d’Oxfam a également déployé des ressources stimulant non seulement l’alimentation, mais aussi son dérivé, la nutrition, avec le souci de veiller à la qualité du contenu des garde-mangers locaux.

Monoparentalité

La notion d’autonomie alimentaire revêt par ailleurs une grande importance dans une perspective féministe. M. Guézodjè fait état de chiffres alarmants liés à la monoparentalité en Haïti, laquelle menace évidemment la sécurité économique et le bien-être à table des populations.

« Selon les chiffres du ministère à la Condition féminine et aux Droits de la femme, on parle d’environ 60 % des familles qui sont monoparentales, en Haïti. C’est quand même assez énorme ! Les femmes deviennent ainsi cheffes de famille, parce que les hommes ont abandonné leur famille pour des raisons financières, de maladie, de précarité. Ce sont donc les femmes qui, dans une grosse proportion, nourrissent les enfants. »

Oxfam met ainsi un accent particulier sur le renforcement de l’autonomisation des femmes avec des initiatives de développement agricole et des activités génératrices de revenus.

« Pour permettre aux enfants d’être en bonne santé, d’aller à l’école et de s’épanouir dans un pays comme Haïti », conclut le chargé de projet.

Ce contenu a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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