Ces quatre concepts, transversaux à tous les textes, sont utilisés pour montrer le côté obscur de la modernité occidentale d’où nait également le féminisme comme proposition émancipatrice pour « toutes les femmes« . Ce constat posé, chacune dans leur domaine de compétences, les autrices invitent à développer une nouvelle pensée contestatrice, à reposer les questions de classe, de genre, de sexe, d’universalisme depuis leur position afro-latino-américaine (ou améfricaine). Elles permettent de porter un autre regard sur des notions qui semblent des acquis de la pensée progressiste. Pour n’en prendre que deux, intéressons-nous aux concepts d’intersectionnalité et de droits humains.
Les peuples autochtones ont un passé, une histoire et une mémoire avec lesquels il est nécessaire d’établir un dialogue pour pouvoir construire ce que nous voulons être.
La notion d’intersectionnalité, notamment, est remise en question. Tout en lui reconnaissant de nombreux atouts, Maria Elvira Diaz Benitez interroge ce concept créé par une juriste vouée à la défense des droits humains mais qui, selon elle, le définit depuis le paradigme moderne occidental eurocentré et crée ainsi un multiculturalisme libéral prétendant reconnaître les différences en les incluant dans un modèle complexe, mais sans questionner les raisons de ce besoin d’inclusion.
Et d’invoquer bell hooks et ce qu’elle appelle « la connaissance située » pour affirmer qu’il ne s’agit pas de décrire que ces personnes sont noires, pauvres et femmes, mais de comprendre pourquoi elles sont racisées, appauvries et sexualisées. L’intersectionnalité, pour l’autrice, est utile dès lors qu’elle reconnaît l’agentivité (pouvoir d’agir) politique de tou·tes et perçoit le pouvoir comme une relation et non comme quelque chose que certain·es possède et d’autres pas.
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