Poissons, herbiers de Posidonie, grandes nacres…: le point sur 6 suivis scientifiques menés dans les aires marines protégées de Monaco

On l’a dit, l’objectif ultime d’une aire marine protégée (AMP) est de préserver son écosystème de la pression anthropique. Et pour en mesurer les effets, rien de plus efficace qu’un suivi scientifique à long terme et des travaux de recherche innovants. On vous détaille.

Les grandes nacres

Depuis 2016, cette espèce endémique de la Méditerranée a été quasiment entièrement décimée par un protozoaire parasite. « Il est arrivé en 2018 à Monaco, par l’Espagne. On recensait alors 600 grandes nacres dans les herbiers de Posidonie du Larvotto. Il n’en reste aucune », déplore Camille Devissi, chargée de projet à l’AMPN. Chaque année, le Dr Jean de Vaugelas fait appel à des plongeurs bénévoles pour ratisser l’herbier à la recherche d’individus survivants. Sans succès jusqu’à présent. La prochaine recherche aura lieu ce samedi.

Les herbiers de Posidonie

Poumon de la Méditerranée, les herbiers de Posidonie recouvrent plus d’un tiers de la surface de l’aire marine protégée du Larvotto (14 sur 33 hectares) et sont suivis depuis sa création en 1976. Depuis 2016, l’AMPN et le Dr Heike Molenaar, spécialiste de cette espèce, s’appuient sur des bénévoles pour apprendre à compter les faisceaux de l’herbier afin d’en déterminer la densité et connaître son état de santé.

Les mérous et corbs

Jadis menacées par la surpêche en Méditerranée, ces deux espèces emblématiques sont protégées depuis 1993 en France et à Monaco. Un suivi biannuel, en juin et septembre, est mené pour recenser les populations en comparaison de sites non protégés en France. « Dans la réserve du Larvotto, on trouve beaucoup de mérous mais aussi au pied du Musée océanographique qui est une zone non protégée exceptionnelle. Les fonds y sont plus profonds et les cavités plus grosses », explique le Dr Eugenio Di Franco, chargé de mission à l’AMPN.

En raison de la longévité de ces espèces, les effets de cette protection ne sont visibles que sur le long terme. D’où la nécessité de renouveler le moratoire français sur la protection du mérou, fin 2023.

Les populations juvéniles

Tout juste amorcé en 2023, un suivi des peuplements juvéniles sur le long terme va permettre d’identifier l’abondance de ces petits poissons dans les AMP. « C’est un aspect trop souvent ignoré mais pourtant essentiel. Si les juvéniles trouvent des conditions favorables dans les AMP, ils vont s’y installer et s’y développer. Au contraire, si ces populations se portent mal, les populations d’adultes ne vont pas être renouvelées », argumente le Dr Eugenio di Franco. Avec le temps, les bénéfices écologiques s’estomperaient.

Des espèces jamais vues

Un nouveau programme baptisé BRUVS, avec des structures en « T » abritant des caméras et des boîtiers à appâts (sardines), a permis d’attirer des poissons carnivores jamais vus auparavant dans la réserve du Larvotto car plus craintives. « On a pu observer en plein jour un congre des Baléares, une espèce enfouie dans le sable et qui vit plutôt la nuit », se réjouit Camille Devissi. Vigilance sur les espèces invasives

Poisson-lapin, poisson-lion, poisson flûte à points bleus, poisson-globe… Derrière ces jolies appellations se cachent des espèces invasives ayant causé de sérieux dégâts en Méditerranée orientale. Face au risque qu’elles atteignent et impactent les rives occidentales, les plongeurs et pêcheurs du secteur ont été sensibilisés sur le sujet. Pour alerter, si nécessaire.

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