Positions partagées sur la mission de soutien à la sécurité en Haïti


Le Centre d’Études politiques et diplomatiques (CEPOD) a présenté, ce lundi 8 janvier 2024, les résultats du sondage national réalisé sur la Mission multinationale de Soutien à la Sécurité. Selon les investigateurs, cette enquête a permis aux membres de la population d’émettre leurs opinions sur l’éventuel déploiement de la force étrangère, ce qui permettra aux décideurs nationaux et internationaux de mieux définir une feuille de route dans le cadre du déploiement.

 

En effet, dans le cadre de ce sondage effectué du 10 novembre au 10 décembre 2023 sur la mission multinationale de soutien à la sécurité, avec la participation de plus de 3 000 personnes à travers les départements Nord, Sud et la Péninsule sud, le Centre d’Études politiques et diplomatiques a permis aux citoyens de se positionner sur le déploiement de la mission. L’investigation prend en compte les attentes de la population, la contribution de la force dans le rétablissement d’un climat sécuritaire, ainsi que la préparation de la Police nationale.

 

Selon les résultats, les opinions des personnes interrogées sont un peu dubitatives face à la manière dont la force devrait procéder pour éradiquer les foyers des gangs. Soixante-six pour cent des personnes sondées demandent aux autorités étatiques de s’attaquer aux cerveaux et aux financeurs des groupes criminels, tandis que 34 % proposent de s’en prendre aux foyers et aux chefs de gangs. Pour atteindre les objectifs fixés dans le cadre du déploiement éventuel de la mission, 74 % des répondants préconisent un vetting de la Police nationale et l’utilisation des unités spécialisées ainsi que des policiers non corrompus.

 

De plus, ces citoyens restent perplexes face aux résultats de cette énième mission de soutien à la sécurité en Haïti. Près de 35 % de ces citoyens sondés estiment que la mission multinationale de soutien à la sécurité en Haïti aidera à résoudre partiellement le problème d’insécurité, tandis que 27 % croient que cette solution sera à moyen terme et 38 % pensent que cette solution peut être durable. Cependant, ils estiment qu’il est de la responsabilité des acteurs de résoudre la crise politique afin de rétablir un climat de paix dans le pays.

 

Les investigateurs croient que les résultats de ce sondage peuvent être des indicateurs nationaux et internationaux dans la préparation de la feuille de la mission. «Que ce soit du côté gouvernemental, du secteur privé des affaires, des cadres de la société civile, il n’y a pas de proposition réelle pour la mission. Nous proposons les résultats de ce sondage comme des indicateurs susceptibles d’orienter les actions des décideurs nationaux et internationaux dans le cadre du déploiement éventuel de ma mission étrangère», a déclaré Jean Jules Desaugustes, président du CEPOD.

 

Parallèlement à cette enquête, l’organisme international Crisis Group, suite à des investigations, révèle que la mission multinationale de soutien à la sécurité pourrait se heurter à plusieurs obstacles liés à un effectif réduit face à la prolifération des groupes armés. «Les forces étrangères se heurteront à des obstacles opérationnels majeurs lorsqu’elles chercheront à affaiblir l’emprise des gangs en Haïti. Avec une mission prévue de 2 500 à 5 000 personnes dont toutes ne seront pas des officiers impliqués directement dans des opérations de maintien de l’ordre», a anticipé le Crisis Group.

 

Elle fera également face à la puissance des gangs armés qui, de par la coalition «Vive ansanm», projettent de faire front universel contre la mission et de combattre ensemble la mission étrangère, s’ils estiment que la force est mal équipée. «Des sources indiquent à Crisis Group que si les gangs perçoivent la force kényane comme mal équipée ou mal formée et donc susceptible d’être mise en déroute, ils n’hésiteront pas à l’attaquer. Si « Viv Ansanm » devait être réactivé pour coïncider avec le déploiement de la mission, cela pourrait donner un coup de pouce significatif aux gangs et leur permettre de frapper les troupes internationales simultanément sur plusieurs fronts», a-t-on lu dans le rapport.

 

Cependant, l’international Crisis Group a aussi indiqué que ces chefs de gangs affirment que s’ils étaient confrontés à une force qui a la capacité évidente de les dominer, ils seraient prêts à entamer des discussions sur un processus de désarmement.

 

Sheelove Semexant

Crédit: Lien source

Les commentaires sont fermés.