L’AS Monaco n’est pas la première équipe de l’élite à connaître un accroc en Coupe de France. L’histoire du petit qui fait tomber le gros plaît toujours et confère cette saveur particulière à la vieille dame. Sauf que le timing n’est vraiment pas bon pour la formation princière. Vu le contexte, difficile de faire passer cette élimination pour une simple sortie de route.
Le vernis du début d’année commence sérieusement à s’écailler et la situation semble bien mal embarquée. D’abord parce que Monaco balbutie son football depuis des mois. Ensuite parce qu’un chaud derby se profile à Nice, demain soir, pour une affiche qui en dira beaucoup sur la destinée des deux formations d’ici fin mai. Monaco n’a plus de marge. À Rouen, l’ASM a étalé ses habituelles carences. Celles qui agacent ses supporters, encore nombreux en Normandie (700) mais lassés pour certains.
Animation stéréotypée
Inconstance dans l’effort, intensité trop variable, défense friable et attaque moins clinique: la machine ne tourne plus comme avant. « Il était trop facile pour Rouen de défendre face à nous, ils étaient très bien organisés, a lâché Adi Hütter à chaud. Nous n’avons pas trouvé les bonnes solutions. Parfois nous avons des difficultés face à des équipes qui évoluent en bloc bas, mais ce n’est pas une excuse! » Des difficultés, son équipe en rencontre pas mal et peine à les contourner.À commencer par l’animation offensive, donc, qui paraît stéréotypée et manque de changement de rythme.
Jeudi, la différence n’a semblé pouvoir venir que des pieds de Golovin. Les Normands ont tenté (et réussi par moments) de limiter son rayonnement. « Tous mes joueurs étaient connectés les uns aux autres, admire Maxime d’Ornano, le coach de Rouen, au lendemain de l’exploit. On a essayé de densifier notre côté droit pour contrarier Golovin en l’empêchant de repiquer dans l’axe. Il a une vision du jeu et une prise d’information vraiment au-dessus de la moyenne. » Le cœur du jeu a été cadenassé et les côtés bien fermés: « La priorité, c’était de pouvoir casser les percussions de Golovin ou Fofana mais aussi de casser la prise d’espace de Jakobs. » Les pensionnaires de National ont aussi compris que les espaces dans le dos de la défense monégasque étaient une richesse à exploiter.
Maripan a parfois fait peine à voir, tourneboulé par les ballons longs sur lesquels Kehrer a souvent joué les pompiers de service. « On a eu différentes situations, dont certaines où on a réussi à les prendre dans le dos, notamment à gauche », analyse encore humblement d’Ornano. Figé par Hütter, le système tactique asémiste ne semble pas (ou plus) maîtrisé par ses joueurs. Dès lors, comment se remettre à l’endroit pour le court déplacement à l’Allianz?
L’élimination, « un mini deuil »
« Il faut débriefer à froid pour mettre en place les chemins de « switch » que chacun va prendre, analyse Rodolphe Bouché, coach mental de sportifs de haut niveau certifié INSEP. Ces chemins dépendent de ce que chaque mec porte comme responsabilité dans la défaite. Certains peuvent se dire qu’ils ne sont pas responsables et vite « switcher », d’autres ont peut-être fait des erreurs techniques et portent le poids de la responsabilité de cet échec ».
C’est un mini deuil, il faut vite passer les étapes pour être tourné vers le match qui arrive. »Entre la fin du 8e de finale, le retour à Monaco hier et le jour du derby, le laps de temps est court pour laver les têtes. « Pour éliminer quelque chose, il faut le remplacer par autre chose, éclaire Rodolphe Bouché. Remplacer la pensée négative, faire appel à des souvenirs positifs. La pensée bloque l’action. Il faut tourner les joueurs vers une construction de rebond, plutôt que de perdre du temps à essayer de digérer. Tu n’as pas le temps d’éliminer une pensée négative en trois jours. »
A l’image de Balogun, les Monégasques n’ont pas passé une soirée tranquille à Rouen.Photo MAXPPP.
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