Port au Prince en plein chaos… Depuis jeudi des gangs armés s’attaquent aux infrastructures stratégiques, comme l’aéroport, afin d’achever la perte de contrôle étatique totale du pays, en mettant à profit l’absence du premier ministre Ariel henry qu’ils essayent de chasser du pouvoir.
Retour en arrière : Haïti, le pays le plus pauvre des Caraïbes est un état failli depuis longtemps, en proie à la violence, miné par la corruption, le népotisme, la prédation des richesses.
Un pays maudit aussi par les tremblements de terre, les cyclones, les épidémies qui s’ajoutent à la déliquescence structurelle des instituions.
C’est dans ce contexte qu’est assassiné en 2021 le président Jouvenel Moise, en pleine nuit, à son domicile.
On suspecte l’assassinat d’être lié à une affaire de drogue.
Ariel Henry qui a été nommé premier ministre quelques semaine plus tôt prend les rênes du pays pour ne plus les lâcher.
Il avait pourtant promis d’organiser des élections et de rendre le pouvoir le 7 février.
Mais la situation apocalyptique du pays ne permet pas la tenue d’un scrutin : les conditions ne sont pas réunies.
L’insécurité est absolue dans le pays, où la police est totalement dépassée par la violence des groupes armés.
Un rapport de l’ONU répertorie plus de 200 groupes, qui tuent, violent, vivent de pillages, de kidnappings.
On tire au hasard sur les passants, on les enlève.
Les autorités le disent, elles n’ont plus la capacité à protéger la population.
Les Haïtiens ont même été invités à s’armer pour se défendre.
On se souvient l’an dernier de ces membres d’un gang, arrêtés par des habitants de la capitale, tabassés par la foule, lynchés puis brûlés vifs.
Symbole d’un pays abandonné à la violence…
Et les opposants du premier ministre Ariel Henry l’accusent en fait, d’instrumentaliser ces gangs pour maintenir cette insécurité qui le maintient au pouvoir.
Et en attendant, le pays dévisse totalement, les écoles, les hôpitaux ferment leurs portes, les investisseurs ont fui, tout comme les cerveaux, les médecins, les diplômés, les ingénieurs…
Le pays est en récession depuis plusieurs années, un haïtien sur deux ne mange pas à sa faim…
Police débordée, institutions faillies. Haïti est donc un pays sans état, sans parlement, ni sénat, faute d’élections : tous les élus ont terminé leur mandat.
Chacun avait des gangs à sa solde, mais aujourd’hui dans le chaos, ce sont les gangs qui ont pris la main.
C’est ainsi pour négocier un accord pour l’envoi de centaines de policiers kenyans qu’Ariel Henri s’est rendu à Nairobi cette semaine. Une mission de soutien demandée par les Nations-Unies qui ne savent plus comment gérer cette crise.
C’est pendant cette absence que les gangs ont annoncé qu’ils se regroupaient en une coalition, dirigée par le plus puissant des chefs armés du pays.
Haïti ce soir est donc comme suspendue, l’état d’urgence a été déclaré, un couvre-feu mis en place, tout est à l’arrêt et des barricades sont dressées dans les rues.
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