Présidentielle: Emmanuel Macron entre dans la bataille pour les Outre-mer

Il en va des Outre-mer comme de la métropole. Accaparé par la guerre en Ukraine, Emmanuel Macron n’aura pas le temps d’y faire campagne comme il l’aurait souhaité. Un déplacement à La Réunion et à Mayotte autour des questions d’agriculture et d’environnement, suivi d’un meeting, était à l’étude. Il ne se tiendra pas. Ainsi, contrairement à François Mitterrand en 1988 (Antilles), Jacques Chirac en 2002 (Martinique) et Nicolas Sarkozy en 2012 (La Réunion), le président sortant ne verra pas sa course vers l’Elysée connaître une étape ultramarine.

Il fallait se faire pardonner. Emmanuel Macron a donc rédigé sept lettres de quatre pages adaptées à chaque territoire. Les habitants de Guadeloupe, de Guyane, de Martinique, de Nouvelle Calédonie, de Polynésie, de La Réunion et de Mayotte recevront ce tract dans leurs boîtes aux lettres d’ici le premier tour. Ceux de Saint-Pierre-et-Miquelon, Wallis-et-Futuna et Saint-Martin se contenteront d’une version numérique.

Chacune de ses missives rappelle, outre le bilan du quinquennat, la date de la venue du chef de l’Etat sur chacun de ces territoires. Car, si le candidat fait l’impasse dans sa campagne, le Président, lui, a veillé à visiter tout le monde. Son équipe de campagne promet même qu’en cas de réélection, il retournera dans chacune de ces terres éloignées.

Hors Nouvelle-Calédonie, l’Insee compte dans les Outre-mer 1,7 million d’électeurs. L’enjeu est important. Malgré l’hétérogénéité de ces départements et collectivités, chaque candidat pense pouvoir s’appuyer sur des bastions électoraux pour faire la différence. Ainsi, en 2017, Marine Le Pen avait largement distancé Emmanuel Macron en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie, quand Jean-Luc Mélenchon en faisait de même en Guyane et à La Réunion.

Référendums. « Les mécanismes du vote en Nouvelle-Calédonie ne seront pas les mêmes en 2017 qu’en 2022 », veut-on croire au QG d’Emmanuel Macron. Les trois référendums pour le maintien du territoire dans la République française organisés dans ce quinquennat ont permis d’ancrer la macronie dans l’archipel. Le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu y a passé beaucoup de temps.

La signature d’un accord entre le parti du président de la Polynésie, Edouard Fritch, et La République en marche en février dernier a également permis aux Marcheurs de prendre pied dans le Pacifique. Signe du terrain conquis, la Polynésie a offert 110 parrainages au candidat Macron. Il s’agit de loin du plus gros contingent de paraphes en Outre-mer.

A l’aveugle. Les macronistes ne sont évidemment pas les seuls à convoiter le suffrage des ultramarins. Là-bas, plus encore qu’en métropole, le match se joue à trois. « C’est la première élection présidentielle où le PS et les Républicains ont disparu à ce point-là. La poutre a tellement travaillé que la charpente s’est effondrée », sourit-on dans l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron.

Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon espèrent en profiter. En décembre, la première était à La Réunion et à Mayotte pendant que le second sillonnait les Antilles et la Guyane. Le candidat Insoumis a d’ailleurs récolté 8% de ses parrainages en Outre-mer. C’est plus que Marine Le Pen (3%) et moins qu’Emmanuel Macron (11,5%).

En dépit de ces chiffres, personne ne peut aujourd’hui prédire ce qui sortira des urnes le 10 avril. Aucun institut de sondage n’interroge spécifiquement les Outre-mer. « Il faut accepter de fonctionner à l’aveugle », tranche un connaisseur du sujet, qui ajoute, aux yeux fermés, le « nez débouché » pour bien sentir le climat de chaque île. Dans certaines d’entre elles, les électeurs non-vaccinés contre la Covid-19, intoxiqués par les fausses nouvelles, pourraient jouer un mauvais tour à Emmanuel Macron.


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