Programme TV du samedi 25 novembre : « Meurtres en Guadeloupe », « Le Chevalier au dragon »… Notre sélection
POLAR. Collés mais pas serrés
« Meurtres en Guadeloupe », à 21h10, sur France 3. À part un épisode de 2021 localisé à Marie-Galante, île qui en dépend, la Guadeloupe n’avait jamais servi d’écrin à la collection « Meurtres à… » Si vous rêviez d’aller passer les prochains réveillons aux pieds du volcan de la Soufrière, vous serez donc agréablement servis par cet opus inédit et dépaysant. Lorsque le corps d’un industriel, issu d’une puissante famille qui emploie une bonne partie de la population locale depuis plusieurs générations, est découvert assassiné sur le toit de son usine, la lieutenante Telumée Magloire est chargée de l’enquête.
Elle ne reconnaît plus vraiment son île natale après avoir passé de nombreuses années en métropole. De retour en Guadeloupe pour s’occuper de son père malade, elle va faire équipe avec un flic réserviste, Jean-Baptiste Lonteau. En bermuda et chemisette, il y a toujours vécu, parle créole et connaît le terrain par cœur, ses coutumes, ses habitants. Bien sûr, tout semble les opposer. Jean-Baptiste est aussi cool que Telumée semble à cheval sur la procédure face à ce crime étrange qui tient du rituel. Évidemment, un deuxième meurtre est commis.
Entre légendes locales, diable déguisé en oiseau, sorcières, événement traumatique, rivalités et histoires de famille, l’intrigue puise dans tous les registres. Y compris le social en abordant les questions qui préoccupent les îliens (manque d’eau, etc.) Mieux vaut ne pas s’attarder sur les dialogues, pas toujours très recherchés. Ni sur un retour vers le passé, peu surprenant.
Juste retenir ce tandem campé par Clair Jaz et Bernard Yerlès – l’une est fan de musique classique, l’autre de blues, elle est directe, lui arrondit les angles -, dont les carapaces respectives se fendent pour laisser apparaître les fêlures intimes. De quoi laisser aussi la part belle à l’émotion au cœur de jolis décors naturels.
« Meurtres en Guadeloupe », téléfilm policier français de Marc Barrat (2023) avec Bernard Yerlès, Clair Jaz, Sébastien Capgras, Marie-Christine Barrault, Shirley Bousquet… (1h30)
DOCUMENTAIRE. Le héros oublié
« Le Chevalier au dragon : le Roman disparu de la Table ronde », à 20h50, sur Arte. Un preux chevalier de la Table ronde complètement tombé dans l’oubli. Pour remédier à cette injustice, il fallait bien une épopée. Dans le documentaire « le Chevalier au dragon : le Roman disparu de la Table ronde », le médiéviste italien Emanuele Arioli retrace une décennie de recherches consacrée au mystérieux Ségurant, qui lui a permis de reconstituer et de publier récemment ses aventures traduites en français moderne.
Personnage totalement méconnu de la légende arthurienne, Ségurant serait né sur une île lointaine avant de venir défier les plus valeureux chevaliers de la cour du roi Arthur, puis de partir à la poursuite d’un dragon. Passionné de manuscrits du Moyen Âge, Emanuele Arioli met ici en scène ses investigations à travers l’Europe en quête des origines de l’histoire de Ségurant et d’extraits de récits mentionnant ses prouesses. Bien rythmé et illustré avec de très belles animations dessinées, ce film est passionnant, qu’on soit féru ou pas de l’histoire de la Table ronde, de Merlin l’Enchanteur ou de la fée Morgane, qui ont tous ici une présence fascinante.
« Le Chevalier au dragon : le Roman disparu de la Table Ronde », documentaire français de Marie Thiry et Emanuele Arioli (2023)… (1h30)
MAGAZINE. La longue traque du « Chat »
« Au bout de l’enquête : Affaire Roland Cazaux », à 14h05, sur France 2. Trente-six viols ou tentatives de viols. Soit le terrible bilan du parcours criminel de Roland Cazaux, violeur en série ayant sévi dans la région d’Arcachon de la fin des années 1980 jusqu’à son arrestation, en 2002. Dans la presse, le malfaiteur a vite été surnommé le Chat, pour son mode opératoire particulier, fait de longs repérages nocturnes devant le domicile de ses victimes, avant de s’y introduire discrètement et de passer à l’acte, non sans avoir pris soin de couper l’électricité de la maison.
Si Roland Cazaux a pu sévir aussi longtemps, c’est comme souvent du fait d’un certain nombre de dysfonctionnements au sein des forces de l’ordre, bien mis en lumière par le magazine de la Deux. Son profil rangé a aussi dérouté les enquêteurs – un homme inséré professionnellement et apprécié de son entourage, marié et père de deux enfants.
Condamné à quatorze ans de réclusion criminelle en 2005, Roland Cazaux est désormais libre – il n’aura fait que dix ans de prison -, pour la plus grande peur de ses anciennes victimes. Autant d’éléments qui rendent le récit de cette affaire passionnant, même s’il aurait gagné à un traitement plus en longueur au vu de l’ampleur du dossier.
« Au bout de l’enquête », magazine français présenté par Marie Drucker (2023)… (48 minutes)
SÉRIE. Les copains d’abord
« Columbo », à 21h10, sur TMC. Haut gradé dans la police, Mark Halperin accepte néanmoins d’aider son ami et voisin Hugh Caldwell, qui vient d’assassiner sa femme. Mais ce soutien a un prix : Halperin supprime à son tour son épouse, et exige de Caldwell qu’il lui fournisse un alibi ! À l’image de l’intrigue, cet épisode de « Columbo », diffusé pour la première fois à la télévision en 1974, et l’année d’après en France, est une histoire d’amitié.
Le réalisateur n’est autre que Ben Gazzara, acteur avec qui Peter Falk avait tourné quatre ans auparavant dans « Husbands », le film d’un autre copain, John Cassavetes. Et qui reprendra les commandes lors d’un nouvel épisode, « En eaux troubles », dans la saison suivante de la série policière incarnée par l’inspecteur au cigare. D’où un scénario aux petits oignons qui ne ménage pas le héros, en butte à une hiérarchie qui lui met des bâtons dans les roues, ce qui se comprend puisque le suspect numéro un est un supérieur hiérarchique de Columbo. Habile et amusant.
« Columbo. En toute amitié », série policière américaine de Richard Levinson et William Link (1974) avec Peter Falk, Richard Kiley, Rosemary Murphy… Saison 3, épisode 8/8. (1h30)
DOCUMENTAIRE. Pas des bouffons, ces poissons !
« Des poissons pas si cons ? », à 22h25, sur Arte. « Une mémoire de poisson rouge », « muet comme une carpe. » Ah, ces poissons qui tournent en rond et mordent à l’hameçon, ils n’ont pas l’air si malins… Idiots, ces animaux sous l’eau ? Contrairement aux idées reçues, pas tant que ça si on prend la peine de s’y intéresser. Aux quatre coins du globe, des chercheurs explorent justement leurs capacités cognitives et leurs comportements.
Au fil d’expériences et d’observations, il s’avère que les poissons émettent des sons et communiquent, retiennent des distances en s’aidant de marqueurs visuels, peuvent être entraînés à mettre un petit ballon dans les cages, par exemple, quand certains se montrent particulièrement physionomistes, même avec des visages humains. Celui-ci s’empare d’une palourde avec la bouche pour la jeter sur une pierre dans le but de la manger. Ils peuvent avoir conscience d’eux-mêmes, ressentir des émotions : les saumons des élevages en Norvège ne sont-ils pas pour beaucoup sous antidépresseurs pour éviter qu’ils ne se laissent mourir ? Une exploration ludique sur la forme, aussi fascinante qu’instructive sur le fond.
« Des poissons pas si cons ? », documentaire français de Stéphane Jacques et Ariane Lamarsaude (2022). (52 minutes)
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