quand Houphouët-Boigny règnait sur la Françafrique

Jacques Foccart, alors secrétaire général pour la Communauté et les affaires africaines, accueille Félix Houphouët-Boigny, en visite à Paris, le 13 novembre 1973. AFP

RÉCIT – Il y a trente ans s’éteignait le premier président de la Côte d’Ivoire, figure centrale de l’Afrique du siècle dernier. L’action et les propos de ce partisan inconditionnel d’une relation étroite entre Paris et son pays provoqueraient de nos jours de violentes critiques.

Le «Vieux» est mort. Le 7 décembre 1993, aux sons des «tams-tams parleurs» qui résonnent dans la brousse de Yamoussoukro, l’annonce officielle n’étonne pas grand monde. À 88 ans, même si des doutes subsistent sur sa date de naissance, Félix Houphouët-Boigny montrait de sérieux signes de fatigue. Et le père fondateur de la Côte d’Ivoire devait sentir sa dernière heure arriver pour venir ainsi rendre son ultime souffle dans son village natal, devenu par le fait du prince une ville moderne et la capitale, à 230 kilomètres au nord d’Abidjan. Dans la tradition baoulée, son ethnie, le «Bélier de Yamoussoukro», également surnommé le «Grand Baobab» ou le «Grand Caïman», racontait qu’on «meurt en chef». C’est peu dire qu’il le fut: dans son pays, mais aussi sur l’ensemble du continent africain et dans les relations entre la France et l’Afrique.

Les funérailles de ce fervent catholique, célébrées deux mois plus tard, voient affluer la planète entière, ou presque. Organisée sous les ors de la basilique

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