Quand le numérique est au cœur des débats au salon Monaco Business

« Elle peut être comme la langue d’Esope, à la fois la meilleure et la pire des choses pour l’Humanité. » C’est en ces termes que le prince Albert II s’est adressé à la tribune de l’ONU le 20 septembre dernier au sujet de l’intelligence artificielle et du numérique en général.

Ce dernier devient d’ailleurs un thème très récurrent ces dernières années à Monaco, qui a souvent fait preuve d’avant-gardisme, en témoigne le lancement du cloud souverain de la Principauté en 2021.

Pour le onzième millésime du Monaco Business à l’hôtel Méridien, véritable écosystème permettant de mettre en relations les acteurs économiques du Rocher, le salon a décidé de faire la part belle au numérique.

Plusieurs conférences ayant suivi le discours introductif du Ministre d’État, Pierre Dartout, abordaient le sujet. Comme La résilience des entreprises grâce au digital ou encore L’intelligence artificielle (I.A.) en Principauté : ses applications et son avenir pour ne citer qu’elles. Des moments d’échange auxquels il faut ajouter les stands des exposants qui annonçaient la couleur, tels que Monaco Digital, Monaco Cybersécurité ou encore Monaco Cloud.

Prendre le train du digital pour exister

De quoi prendre de l’avance sur les Assises de la cybersécurité qui se tiendront du 11 au 14 octobre prochain au Grimaldi Forum.

« C’est important pour nous d’être présent. Aujourd’hui, tous les projets de transformation digitale qui sont lancés nécessitent l’intégration d’un volet cybersécurité, et ce, dès la conception », souligne Sébastien Massé, directeur général de Monaco Cybersécurité, leader dans son domaine en Principauté depuis six ans et qui accompagne entreprises et gouvernement dans la protection de leurs systèmes.

« On est de plus en plus sollicité dans le déploiement de ces nouveaux usages. La Principauté a pris conscience que la transformation numérique passe par la protection des infrastructures et de ses outils », ajoute-t-il.

A ses côtés, Nicolas Dervars, ingénieur d’affaires pour Monaco Digital, commence à développer l’I.A. dans ses usages. « On fait de la data science pour l’instant. Ce n’est pas totalement de l’I.A. mais ça y ressemble. On a un partenariat vec Thalès pour présenter un produit intégrant l’I.A. et permettant de détecter des pannes sur des infrastructures. Cela peut intéresser certains clients dans l’univers du yachting. »

Le Monaco Business l’a bien compris : le digital et tout ce que cela comporte n’est plus un atout mais une obligation.

Maurice Cohen, président du Monaco Business. Photo Jean-François Ottonello.

Maurice Cohen, président de Monaco Business: « »e numérique? Ce n’est pas un thème, c’est une évidence »

Pouvez-vous nous rappeler le principe du salon Monaco Business?

Il s’agit d’un évènement qui réunit seulement les entreprises de Monaco. On est un peu fermés, on s’en excuse auprès de nos amis de la région. L’idée, c’est que les gens puissent se rencontrer, échanger, faire du « business to business ». C’est un lieu de rencontre, de synergie, aujourd’hui tout passe par le numérique, c’est bien d’avoir une touche physique. Tout cela est accompagné par des conférences sur un certain nombre de domaines qui intéressant les sociétés de la Principauté.

D’ailleurs, le numérique, c’est un peu le sujet central informel de cette édition 2023?

C’est une question fondamentale le numérique. Il a pris le dessus sur beaucoup de choses, la cybersécurité aussi. C’est un domaine qui intéresse beaucoup nos entreprises. D’ailleurs, ce n’est pas un thème, c‘est une évidence de l’économie aujourd’hui.

Le Monaco Business, en chiffres, ça donne quoi?

C’est une soixantaine d’exposants et 800 à 900 visiteurs qui viennent assister aux conférences. Il y a un vrai lien qui se tisse lors de cette journée et qui continue tout au long de l’année. Tout le monde y trouve son compte. Pour preuve, 99% des exposants reviennent chaque année.

Guillaume Rose, directeur général du Monaco Economic Board. Photo Jean-François Ottonello.

La Métropole niçoise et Monaco se rapprochent

La journée du mardi a aussi été l’occasion pour le Monaco Economic Board (MEB), représentée par son président Michel Dotta et son directeur général Guillaume Rose de signer un accord important avec la Métropole Nice Cote-d’Azur.

« Le partenariat est un memorandum of understanding. Il consiste à affirmer que les deux entités ont envie de travailler ensemble. C’est un contrat de bonne volonté. On a descellé des deux côtés des avantages à travailler ensemble. On est seulement à 20 km l’un de l’autre… travailler ensemble était quelque chose d’évident », introduit Guillaume Rose.

« On a beaucoup en commun. Les entreprises d’ici sont ravies de coopérer avec des sociétés et institutions niçoises. Nous sommes très intéressés par les innovations fédérées par la Métropole. Nous devons envisager à long terme des déplacements communs pour dégager à l’étranger une impression d’homogénéité. Bien qu’indépendante, la Principauté à une synergie à faire valoir avec la Métropole et Sophia-Antipolis« , développe-t-il.

Des avantages comparatifs qui ne profiteront pas seulement à Monaco mais bien entendu aussi à la Métropole, dans une volonté de mise en commun des forces, comme cela c’était fait lors des précédentes éditions de Monaco Business où le MEB avait signé des partenariats avec des chambres italiennes de commerce.

« Les sociétés du numérique sont très fortes à Monaco. Notamment concernant la technologie appliquée à la santé », assure Guillaume Rose estimant, toujours pour coller au thème du Monaco Business, que le digital est « la solution » pour « démultiplier la voix du Rocher dans le monde » et augmenter « la productivité » des entreprises via la technologie. Il l’assure, cet accord permettra aux sociétés d’avoir accès à « un maximum de service ».

Crédit: Lien source

Les commentaires sont fermés.