Quand observer des tortues participe à leur conservation

L’une des manières les plus simples d’aider ces initiatives est d’utiliser TURT, une application développée par SOS Tobago et SpeSeas. Les utilisateurs peuvent y signaler les observations de tortues marines sur terre ou en mer. Michelle Cazabon-Mannette, l’une des directrices de SpeSeas aux côtés de Diva Amon, exploratrice National Geographic de Tobago, explique que les plongeurs sont la principale cible de l’application. Ils pourraient aider au suivi des animaux en mer.

La plupart des données des îles sont recueillies pendant la nidification et saisies dans les bases de données des organisations et nationales. Ces travaux sont majoritairement financés par des excursions d’observation des tortues, un moyen facile pour découvrir ces animaux de tout près.

Les bénévoles locaux et étrangers, quant à eux, forment le pilier de ce travail de surveillance. Nature Seekers accueille le plus grand nombre de bénévoles étrangers. Accompagnés d’autres organisations, ils se réjouissent du soutien opérationnel permettant de saisir les données et de s’occuper du marketing. Toutefois, le plus grand besoin reste sur le terrain, et il peut s’avérer éreintant.

« Il faut s’y rendre la nuit, marcher de longues distances, être exposé aux conditions, aux moustiques, aux mouches des sables et à la pluie », prévient M. Lalsingh. « C’est un travail très difficile et épuisant. »

Les tâches varient selon l’expérience, le niveau d’engagement et la condition physique. Passé la formation, les bénévoles sur le terrain commencent presque tous par s’assurer que les mères pondeuses ont accès à la plage et peuvent faire leur nid correctement. Ils récoltent des données sur celles qui y parviennent et recherchent les tortues blessées ou malades.

Certaines tortues arrivent blessées ou entravées, avec des cordes ou du matériel de pêche enchevêtré, les nageoires abîmées ou coupées, ou affichant d’autres blessures de guerre issues de leur vie océanique. Les bénévoles doivent travailler rapidement pour procurer des premiers soins d’urgence, qu’il s’agisse de démêler, de nettoyer les plaies ou d’aider à creuser les nids.

Ils doivent attendre que la mère entre dans un état de transe critique, lors duquel elle est si absorbée par le processus de ponte qu’elle perd presque toute conscience de l’activité qui l’entoure. Ensuite, ils doivent mesurer les tortues, scanner les balises de celles qui reviennent, parfois les remplacer ou les mettre à jour, ou en poser sur les nouvelles. Tout contact à une autre période pourrait compromettre l’ensemble du processus de nidification.

Les nids restent sous surveillance pendant toute la saison. Les bénévoles s’assurent que le plus de bébés possible réussissent à atteindre la mer en toute sécurité. Lorsque certains petits ne parviennent pas à s’extirper de leur nid seuls, les bénévoles procèdent à une extraction du nid, s’occupent des bébés et les relâchent dans la mer. Certaines tortues marines choisissent des lieux peu hospitaliers pour leur nid, notamment menacés par l’érosion de la plage. Ils déplacent alors le nid avec précaution, parfois vers des couvoirs artificiels.

« Après 32 ans, je suis toujours émerveillée par ces créatures douces et grandioses », confie Suzan Lakhan-Baptiste, directrice générale de Nature Seekers. « J’aimerais que le monde entier en fasse l’expérience, afin de mobiliser ceux qui souhaitent réellement faire la différence. »

 

COMMENT SE RENDRE UTILE

Si vous ne disposez pas de beaucoup de temps : La façon la plus simple de participer aux efforts de conservation des tortues est de suivre des excursions d’observation des tortues. Elles aident à lever des fonds pour le suivi et les patrouilles. Nature Seekers et la Grande Riviere Nature Tour Guides Association organisent des excursions sur les principales plages de nidification. La Las Cuevas Eco-Friendly Association et les partenaires de SOS Tobago organisent également des excursions au sein de leurs communautés. Vous pouvez également faire des dons pour soutenir leur travail.

 

En ayant plusieurs jours : Lors des séjours plus courts, les bénévoles peuvent aider sur le terrain en nettoyant les sites de nidification, en scannant et en plaçant des balises sur les tortues, et en participant à la collecte de données (de taille, de nombre et de localisation des tortues et de leur nid). Les bénévoles internationaux peuvent s’inscrire dans des organisations comme Oceanic Society et Canadian Sea Turtle Network.

En ayant plusieurs semaines : Les organisations locales recommandent de rester au moins deux à quatre semaines pour bénéficier de la meilleure formation et se rendre le plus utile. Certains bénévoles restent plusieurs mois et reviennent année après année. Les plus compétents et expérimentés peuvent participer à des activités plus manuelles, comme l’aide au soin des tortues blessées (mères comme petits), ou l’exatraction et la relocalisation des nids.

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