Quelle est cette approche développée par le Centre scientifique de Monaco contre les tumeurs cérébrales pédiatriques?

Ce sont les tumeurs du cerveau les plus fréquentes chez l’enfant: 150 nouveaux cas de médulloblastomes sont diagnostiqués chaque année en France. Si les dernières avancées ont permis d’améliorer la guérison, plusieurs dizaines d’enfants, des nourrissons parfois, ne peuvent malheureusement être sauvés. « Le traitement des tumeurs cérébrales chez l’enfant repose, comme chez l’adulte, sur la combinaison chirurgie, chimiothérapie et radiothérapie externe. Malgré ce protocole, 30% des jeunes patients évoluent péjorativement, avec des rechutes fatales. Aussi est-il fondamental de proposer de nouvelles approches thérapeutiques », introduit le Dr Christopher Montemagno.

C’est l’objectif des études conduites par son équipe (1) du Centre scientifique de Monaco, qui s’intéresse particulièrement à une approche innovante utilisant la médecine nucléaire: la théranostique (contraction de « thérapie et diagnostic »). « Cette approche en deux étapes (lire ci-contre) s’appuie sur l’imagerie pour cartographier les cellules cancéreuses dans le corps, puis pour les traiter de manière ciblée », résume le chercheur.

De façon personnalisée

Qui poursuit: « Un premier “médicament radioactif » est utilisé pour identifier la cible tumorale, et un second pour l’éliminer, en épargnant les tissus sains autour. C’est essentiel s’agissant de tumeurs localisées dans le cerveau, chez des enfants en plein neurodéveloppement. » La théranostique, vecteur d’immenses espoirs, a toutefois un préalable: trouver des cibles présentes au niveau de la tumeur ou de son environnement. Et c’est là que l’équipe de chercheurs monégasques vient de réaliser une belle avancée (2): « Grâce à des biopsies issues de jeunes patients atteints de medulloblastome, et des lignées cellulaires, nous avons mis en évidence le rôle d’une protéine (une intégrine ) dans le développement des médulloblastomes, dans leur résistance à la radiothérapie conventionnelle, et donc dans les rechutes. »

La découverte de cette « cible thérapeutique » pose les jalons d’une médecine personnalisée pour ces tumeurs redoutables. « Nous pouvons désormais aborder la seconde phase, destinée à valider l’approche “théranostique » en vue d’une application clinique. En utilisant un marqueur de l’intégrine, on peut espérer définir via l’imagerie la position précise des tumeurs qui l’expriment, puis détruire les cellules tumorales dans l’espace qu’elles occupent, sans affecter les cellules saines. »

Études en cours

Des études de toxicologie chez l’animal sont en cours, pendant que d’autres sont dédiées à la mise au point de l’approche théranostique en collaboration avec une équipe de recherche grenobloise. Des études conduites avec ferveur par les scientifiques monégasques, très sensibles aux attentes des familles confrontées au drame de la maladie d’un enfant. À l’instar de celle de Flavien, emporté en 2014, à l’âge de 8 ans par une tumeur cérébrale. Son papa, Denis Maccario, n’a eu de cesse, depuis, de se battre pour faire avancer la recherche sur ces maladies. Et c’est tout naturellement que sa Fondation a décidé de soutenir les recherches conduites par l’équipe du Dr Christopher Montemagno.

1. équipe « Cellules souches et tumeurs du cerveau » dirigée par Vincent Picco.

2. Ces travaux, publiés dans Cancer Research Communications en décembre dernier, ont été réalisés en collaboration avec les cliniciens et les physiciens du Centre hospitalier Princesse-Grace et une unité de recherche grenobloise (Laboratoire radiopharmaceutiques Biocliniques, Pr Catherine Ghezzi).

3. Récepteurs permettant aux cellules d’adhérer les unes aux autres et de communiquer avec leur entourage.

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