D’après ces documents confidentiels auxquels le journal américain The Miami Herald a pu avoir accès, la force n’aurait rien à voir avec ce qu’a connu Haïti jusqu’à maintenant. Il ne s’agirait pas une intervention militaire massive comme celle lancée en 2004 et qui n’avait pas réussi à stabiliser le pays. Cette idée est largement rejetée par la population.
D’après ces fuites, l’ONU réfléchit à une force internationale composée d’unités militaires et civiles suffisamment dotées pour affronter les gangs, mais qui viendraient en appui de la police haïtienne en lui fournissant équipements, renseignement et expertise. La formation de la police haïtienne est un élément clé de la stratégie.
Ce document de sept pages est censé dessiner les contours d’une intervention, lever les ambiguïtés sur ce qui est attendu de la part de la communauté internationale, alors qu’aucun grand État ne se manifesta pour prendre la tête d’un contingent étranger en Haïti. Le Premier ministre haïtien Ariel Henry réclame depuis près d’un an, sans succès, une intervention internationale.
Le document laisse ouverte la question de la stratégie de retrait. Autrement dit, à quel moment cette force aura atteint son objectif. Cette stratégie de retrait serait définie a posteriori.
Enfin, pas un mot sur son coût financier, mais à l’évidence, elle n’aura pas l’envergure des missions de maintien de la paix qui ont duré plus d’une décennie et coûté plus de sept milliards de dollars.
À lire aussiGuterres frustré par l’immobilisme de l’ONU en Haïti, deux ans après l’assassinat du président Moïse
Les États-Unis « en pourparlers très actifs »
Lors d’une conférence de presse à Georgetown au Guyana, à l’occasion d’une rencontre avec les pays des Caraïbes, le secrétaire d’État américain Antony Blinken -qui s’est entretenu mercredi avec le Premier ministre Ariel Henry- est revenu sur la situation en Haïti et a confirmé que des discussions étaient en cours en vue de constituer une force internationale.
« Nous sommes en pourparlers très actifs avec des pays de la région et d’ailleurs au sujet d’une telle force et nous discutons aussi activement avec les Nations unies au sujet de ce qu’elles pourraient faire pour donner à une force le mandat approprié de la part de la communauté internationale. »
« Il s’agit en partie de s’assurer que les pays s’engagent à jouer un rôle important dans cette force, en particulier en identifiant un pays qui jouerait le rôle de chef de file. Le travail que nous accomplissons pour renforcer la police et les services de sécurité en Haïti a le temps de se mettre en place et le gouvernement peut reprendre le contrôle du pays sans qu’il soit dominé par des gangs comme c’est le cas dans de nombreuses régions. »
À lire aussiLe secrétaire d’État Antony Blinken appelle la communauté internationale à venir en aide à Haïti
Crédit: Lien source


Les commentaires sont fermés.