Quels sont les réels dangers de l’intelligence artificielle à l’heure actuelle?

De Terminator à Stephen Hawking en passant par de nombreuses personnalités de la Silicon Valley, les êtres humains craignent que l’intelligence artificielle (IA) ne détruise un jour l’humanité. Qu’en est-il vraiment? Tour d’horizon des risques liés à cette révolution technologique.

Les algorithmes font partie du quotidien depuis longtemps, mais le succès sans précédent du robot conversationnel ChatGPT d’OpenAI a relancé le débat en force en 2023.

Londres organise mercredi et jeudi un sommet sur la régulation de l’IA, la Maison-Blanche vient de signer un décret pour l’encadrer et l’Union européenne veut se doter avant la fin de l’année d’un nouveau règlement.

Le marché de l’emploi

L’IA dite générative, c’est-à-dire capable de produire textes, images et sons sur une simple commande en langage courant, soulève notamment la question de l’obsolescence de certains emplois.

Les machines et donc l’automatisation de nombreuses tâches ont déjà eu cet effet dans de nombreuses industries, de l’agriculture aux usines. Avec ses capacités génératives, l’IA touche désormais aussi le personnel administratif, les juristes, les médecins, les journalistes, le corps enseignant, et de nombreux autres métiers.

D’ici 2030, jusqu’à 30 % des heures actuellement travaillées dans l’économie américaine pourraient être automatisées, une tendance accélérée par l’IA générative.

En guise de solution, la Silicon Valley invoque souvent le revenu universel de base, c’est-à-dire une allocation minimum pour tous et toutes qui compenserait la perte des emplois, même si sa faisabilité à grande échelle n’est pas prouvée.

Les droits d’auteur

Les artistes ont été parmi les premiers à protester contre les logiciels comme DALL-E d’OpenAI ou encore Midjourney, qui génèrent des images sur demande.

Comme les développeurs et développeuses, des artistes reprochent aux entreprises d’avoir utilisé leurs œuvres pour créer leur technologie, sans permission ni rémunération.

Car les IA génératives sont fondées sur des modèles de langage, des systèmes informatiques qui nécessitent des montagnes de données récupérées en ligne.

Nous entraînons [l’IA] pour être, d’une certaine façon, toute l’humanité. Elle est formée sur la production d’une énorme fraction de l’humanité, a déclaré Sam Altman, le fondateur d’OpenAI, lors d’une conférence en septembre.

[L’IA] va démultiplier les capacités des êtres humains et non les remplacer.

Plusieurs affaires judiciaires sont en cours et pourraient redéfinir la notion de propriété intellectuelle.

La désinformation et les cybercrimes

Les fausses informations et les hypertrucages (deepfake) ne sont pas nouveaux, mais l’IA générative fait craindre un déferlement de faux contenus en ligne.

[Les élections risquent] d’être gagnées par les personnes les plus douées à répandre de la désinformation.

Surtout, la démocratie repose sur l’accès aux informations nécessaires pour prendre les bonnes décisions. Si plus personne ne sait ce qui est vrai ou non, c’est fini, ajoute Gary Marcus.

L’IA générative facilite aussi la tâche des escrocs, qui peuvent créer des courriels d’hameçonnage plus convaincants. Il existe même des modèles de langage entraînés spécifiquement pour produire des contenus malveillants, comme FraudGPT.

Mais la technologie a surtout rendu très facile de copier un visage ou une voix et donc de piéger des personnes en leur faisant croire que leur enfant a été enlevé, par exemple.

Des biais discriminatoires

Comme pour de nombreuses autres technologies, le danger principal de l’IA est lié aux êtres humains – de la conception à l’utilisation.

Un logiciel de recrutement risque de discriminer des candidats s’il reproduit mécaniquement les biais humains existants dans la société.

Un modèle de langage n’est ni woke (militantisme qui vise notamment à défendre les personnes minoritaires) ni raciste en soi, tout dépend des données et des instructions fournies par les spécialistes d’ingénierie.

De façon générale, l’intelligence artificielle peut faciliter de nombreuses activités dangereuses pour les humains et leurs droits fondamentaux, de l’invention de molécules nocives pour la surveillance de la population.

Des mises en garde

Des spécialistes de l’IA craignent qu’une IA ne devienne capable de raisonner au point de pouvoir prendre le contrôle sur les êtres humains.

OpenAI travaille à la construction d’une intelligence artificielle générale plus intelligente que les êtres humains dans le but de bénéficier à toute l’humanité. Elle compte sur l’utilisation à grande échelle de ses modèles pour détecter et rectifier les problèmes.

En parallèle, Sam Altman et d’autres responsables de grandes entreprises technologiques ont appelé cet été à lutter contre les risques d’extinction liés à l’IA.

Pour l’historien Emile Torres, c’est une distraction face à des problèmes bien réels : Parler de l’extinction de l’humanité, d’un véritable événement apocalyptique, est tellement plus captivant que de parler des travailleuses et des travailleurs kényans payés 1,32 $ de l’heure pour modérer des contenus utilisés par l’IA, ou le travail d’artistes exploités pour alimenter ces systèmes.

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