Avec notre envoyée spéciale dans le nord du Bénin, Magali Lagrange
« La coopération doit être excellente » avec les pays voisins, explique un officier béninois. Avec les militaires burkinabè, le Bénin échange des renseignements et souhaite formaliser un droit de poursuite au Burkina Faso, dont proviennent une partie des infiltrations sur son sol. Des discussions ont déjà été entamées. Le président Patrice Talon s’est rendu à Ouagadougou en début d’année.
Avec le Togo, « ça se passe très bien », affirme le commandement de l’opération Mirador.
Les accords passés avec le Niger il y a un peu plus d’un an, qui prévoyaient notamment échanges de renseignements et assistance aérienne, viennent en revanche d’être dénoncés par le CNSP, la junte au pouvoir à Niamey. Les relations entre les deux voisins s’étant crispées depuis le coup d’État du 26 juillet.
Le Bénin mise plutôt sur des accords bilatéraux, alors que les partenariats régionaux, comme l’initiative d’Accra, semblent tourner au ralenti.
La France et les États-Unis envoient par ailleurs des instructeurs pour des missions de formation. Le Rwanda pourrait faire de même. En avril, lors de la visite de Paul Kagame à Cotonou, les deux pays ont affiché leur volonté de renforcer la coopération. Une coopération Sud-Sud n’a pas encore vraiment démarré, selon l’état-major.
■ L’armée traque les engins explosifs improvisés
Des soldats de l’opération Mirador sont positionnés sur un chemin de terre, au milieu des champs. Matériel à la main, ils nous expliquent comment ils procèdent, lorsqu’ils soupconnent la présence d’un engin explosif improvisé (IED) au cours d’une patrouille.
« Première opération, l’arrêt de tout le convoi. euxième opération, le déploiement des éléments de sécurité. Troisième opération, les pilotes de drone déploient le drone et ce n’est qu’après ça que les spécialistes du Génie descendent avec le matériel et procèdent avec ce que nous appelons l’ouverture d’itinéraire. »
Depuis décembre 2021, l’armée dit avoir retrouvé une cinquantaine d’IED, que les terroristes posent sur les axes de circulation. Selon leur bilan, cinq civils en ont été victimes, douze parmi les forces armées béninoises et leurs partenaires. Une menace particulièrement présente dans le nord-ouest, à la frontière avec le Burkina Faso, comme l’explique le lieutenant-colonel Matthieu Hessou, commandant adjoint de Mirador.
« L’IED fait très, très mal. Ca peut vous tomber dessus à tout instant. Cette imprévisibilité de la chose renforce l’insécurité. »
Dans une interview sur RFI ce mois-ci, le commandant de l’opération, le colonel Faizou Gomina, évoquait la nécessité de renforcer la lutte contre les IED avec plus de matériel de détection et d’appareils de vision nocturne pour pouvoir mieux protéger les populations.
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