RD Congo : les laïques catholiques mènent des marches contre la corruption

REPORTAGE. Le Comité laïc de coordination (CLC), fer de lance de la contestation face à Joseph Kabila, a repris la mobilisation. Objectif : lutter contre « l’impunité et l’impuissance de la justice ».

Quelques centaines de personnes ont manifesté lundi dans les rues de Kinshasa contre la corruption en République démocratique du Congo. 

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Par Junior Malula, à Kinshasa


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Le Comité laïc de coordination (CLC), un mouvement des laïques catholiques de Kinshasa et une figure de proue des manifestations contre les velléités de l’ex-président Joseph Kabila de briguer un troisième mandat en décembre 2018, refait surface et, cette fois, dans la lutte contre la corruption et l’impunité. Cette marche contre la corruption, l’impunité ou l’impuissance de la justice contre la corruption annoncée pour le 19 octobre a finalement eu lieu ce lundi 21 octobre 2019 à Kinshasa, sur décision du gouverneur de la ville, Gentiny Ngobila.

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Le mystère des 15 millions de dollars disparus

De la place Sainte-Thérèse de Ndjili dans le district populaire de la Tshangu à l’est de Kinshasa, en passant par l’échangeur de Limete jusqu’à la grande place de Victoire, des laïques catholiques, des activistes des mouvements citoyens et des militants des partis reconnaissables par des calicots et des banderoles anticorruption ont exprimé leur indignation suscitée par le détournement des 15 millions de dollars présumés disparus des comptes du Trésor public. Dans cette affaire, le nom du nouveau directeur de cabinet du président de la République, Vital Kamerhe, est cité parmi quatre personnalités par l’Inspection générale des finances (IGF), une instance d’audit des institutions. « Nous avons abandonné nos activités ce lundi, une journée ouvrable pour dire non à la continuation des pratiques et politiques ayant caractérisé le régime de Kabila sous l’actuel régime de Félix Tshisekedi, à savoir le détournement et l’impunité », s’indigne Christian Mbana, un membre du CLC rencontré à la place échangeur de Limete.

Une initiative qui divise

Cette initiative contre la corruption et l’impuissance de la justice est interprétée différemment dans la capitale congolaise. Des partisans de l’UDPS, parti de Félix Tshisekedi, ont fustigé l’initiative, la qualifiant d’inopportune : « Cette marche ne nous concerne pas, car sa vraie raison est de saboter les actions de notre président. Ce qui nous préoccupe actuellement, ce sont les initiatives soutenant la gratuité de l’enseignement de base, lancée par notre président », déclare Poupon Kalala, militant de l’UDPS.

Par ailleurs, dans un tweet de ce lundi 21 octobre 2019, Seth Kikuni, l’un des candidats à l’élection présidentielle de décembre 2018 s’en est pris aux détracteurs de cette manifestation contre l’impunité et le déni de la justice en ces mots : « Celui qui se lève pour dénoncer ou combattre l’impunité, la corruption et les antivaleurs a déjà réussi sa mission. Ce n’est pas une compétition ou une démonstration de la population. C’est une posture citoyenne, une attitude patriotique. Remettez-nous nos 15 millions », a-t-il écrit.

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Du côté des organisateurs de la marche, Herve Diakese, l’un des membres de ce mouvement des laïcs catholiques de la RDC a reconnu la faible mobilisation de cette marche. Il explique cette participation réduite comme étant le résultat du report de la date du samedi au lundi par le gouverneur de la ville de Kinshasa. « Le lundi est un jour de reprise de travail, les gens sont occupés par leurs activités qui redémarrent », mais « nous sommes convaincus que ce geste, cette mobilisation des populations est un signal fort pour l’avenir de notre nation ».

Plusieurs dirigeants des partis politiques notamment Franck Diongo, président du Mouvement lumbiste progressiste (MLP), Ève Bazaiba secrétaire générale du Mouvement de libération du Congo (MLC), se sont joints aux laïques catholiques. Dans d’autres villes comme Goma, le rassemblement a bien eu lieu, mais le samedi cette fois, en réponse à l’appel du CLC.

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