Le 12 décembre 2016, l’Union européenne et les États-Unis ont annoncé des sanctions ciblées à l’encontre de neuf hauts responsables congolais qui ont joué un rôle clé dans la répression au cours des deux dernières années.
Dans sa déclaration annonçant les sanctions, l’UE a indiqué que « des mesures restrictives supplémentaires pourront être envisagées en cas d’obstruction du processus politique ou de nouvelles violences. ».
Kalev Mutondo
Dans son rôle de directeur de l’Agence nationale de renseignements (ANR), Kalev Mutondo a été l’un des principaux architectes des efforts du gouvernement visant à réprimer la contestation politique. Human Rights Watch a interviewé plus d’une dizaine de responsables gouvernementaux, membres de la coalition de la majorité de Kabila, et responsables des forces de sécurité au cours des deux dernières années sur le rôle de Mutondo.
Le Général Gabriel Amisi (connu sous le nom de « Tango Four ») possède un lourd bilan en matière d’implication dans les graves atteintes aux droits humains en RD Congo. Officier de l’armée de l’ancien président Joseph Mobutu, Amisi a rejoint la rébellion de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), appuyée par le Rwanda, qui a évincé Mobutu en 1997. Amisi a plus tard rejoint une autre rébellion soutenue par le Rwanda, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD)-Goma, et en mai 2002, il figurait parmi les commandants responsables des meurtres généralisés, des exécutions sommaires, des viols et des pillages qui ont eu lieu pendant la répression d’une mutinerie à Kisangani, comme l’ont montré les recherches de Human Rights Watch à l’époque.
Le Groupe d’experts de l’ONU sur la RD Congo a rapporté qu’Amisi aurait été plus tard impliqué dans le trafic de minerais, y compris l’étain et l’or, alors qu’il était commandant des forces terrestres de l’armée congolaise. Amisi a été suspendu de ses fonctions en novembre 2012, suite aux accusations portées par le Groupe d’experts selon lesquelles Amisi supervisait un réseau distribuant des munitions aux braconniers et aux groupes armés. Les autorités congolaises ont abandonné toutes les poursuites contre lui en juillet 2014.
Amisi est actuellement commandant de la première zone de défense, qui couvre la capitale, Kinshasa, ainsi que d’autres provinces occidentales. Des militaires sous son commandement ont été impliqués dans la répression violente des manifestations politiques au cours des deux dernières années et ont fait usage d’une force excessive et illégale.
Pendant les manifestations de septembre 2016 à Kinshasa, Amisi et le chef de la Garde républicaine, le Général Kampete, ont dirigé un centre de commandement des opérations à Kinshasa, ont déclaré plusieurs officiers de sécurité. Les généraux auraient donné des ordres aux forces de sécurité sur le terrain qui ont commis des exactions.
Human Rights Watch a constaté qu’Amisi, d’autres hauts dirigeants et des responsables du parti au pouvoir, dont le ministre de la Jeunesse et des Sports Denis Kambayi, avaient mobilisé et payé des membres de ligues de jeunes pour infiltrer les manifestations de septembre et inciter les manifestants à piller et à commettre des violences. Un membre de la ligue de jeunes associée au Vita Club, équipe de football dont Amisi est le président, a déclaré à Human Rights Watch qu’il avait été convoqué à une réunion avant les manifestations, où on lui avait ordonné d’infiltrer celles-ci.
Les États-Unis ont imposé des sanctions contre Amisi le 28 septembre et l’Union européenne lui en a aussi imposé le 12 décembre.
Célestin Kanyama
Le Général Célestin Kanyama a été nommé commissaire provincial de la police à Kinshasa en décembre 2013. Officiellement, Kanyama est placé sous les ordres de l’inspecteur général de la Police nationale congolaise, le Général Charles Bisengimana, mais on rapporte qu’il suit également les instructions d’autres hauts responsables congolais. La liste des violations des droits humains dans lesquelles Kanyama serait impliqué est très longue.
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