De notre envoyée spéciale,
« Je ne suis pas guide touristique, mais lorsque l’on veut sécuriser un lieu, il faut savoir au moins ce que l’on veut sécuriser. » Un militaire de l’opération Mirador, en treillis, nous fait visiter le Pendjari Lodge pendant que des soldats patrouillent dans cet hôtel emblématique du parc, désormais vide.
La terrasse offre une vue saisissante sur l’immensité verte et ses nombreux animaux mais il n’y a plus de visiteurs pour les observer. Depuis le début de l’année dernière, l’activité touristique est suspendue en raison du contexte sécuritaire dans le parc de la Pendjari, qui accueillait en moyenne 6 000 visiteurs par an.
Pour y arriver, nombre d’entre eux passaient par Natitingou et ses collines verdoyantes. C’est dans cette ville du nord-ouest que Sanny Kassim tient un restaurant. Pour lui, qui gérait aussi une agence de tourisme, l’impact de la fermeture du parc se fait sentir : « Actuellement, c’est tendu. La fermeture du parc nous a grillés 92% de notre activité. J’ai dû revendre toutes mes voitures safari. Mais d’un côté, j’ai financé des formations pour mieux me relancer quand les activités reprendront. »
Tourisme et agriculture perturbés
African Parks, l’ONG chargée de gérer la Pendjari, estime les pertes de revenus à 300 millions de FCFA par an, en moyenne, soit environ 460 000 euros. Dans ce département agricole, l’insécurité perturbe aussi l’accès aux champs, comme le confie ce cultivateur de Koalou, zone litigieuse entre le Bénin et le Burkina Faso où l’armée béninoise a installé une position, il y a quelques mois pour qu’elle ne serve plus de base arrière aux terroristes. « Cela va faire maintenant deux ans qu’il n’y a pas la paix, à cause des gens de brousse. Ils posent des mines, nos gens vont au champ et ils marchent dessus. Depuis l’an passé, on n’a pas pu vendre parce qu’il n’y a pas de bonnes récoltes. Parfois, quand tu veux aller récolter, on te dit que ces gens de brousse sont venus et donc tu ne peux pas y aller. Maintenant, il y a beaucoup de choses qui se sont gâtées dans les champs.», explique-t-il.
En attendant de pouvoir reprendre une vie normale, des travaux sont en cours dans la Pendjari pour relancer le tourisme dès que possible. Un secteur dans lequel l’État béninois a réalisé d’importants investissements.
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